Films transgressifs – Nick Zedd

Dans les années 80, un groupe de cinéastes new-yorkais commence à secouer la société américaine avec des films qui ignorent toute limite esthétique et morale. Nick Zedd, un des acteurs principaux de ce mouvement, lui donna le nom de cinéma de la transgression. Selon le manifeste de 1984 (VOIR ICI SUR LE BLOG), «Toutes les valeurs doivent être changées. Rien n’est sacré. Tout doit être questionné et réexaminé afin de libérer nos esprits de la foi en la tradition. » Leurs films provocants visent à susciter des chocs chez le spectateur. Ils montrent des scénarios violents, des scènes perverses et des états d’âme dramatiques. La violence, la criminalité et la délinquance, qui font partie de la vie des artistes à New York sont analysées d’une manière précise. Même si le mouvement est jusqu’ici resté inconnu, le cinéma de la transgression a fortement influencé les générations artistiques suivantes.

Cinéaste underground très actif dans les années 80, Nick Zedd est le théoricien du Cinéma de la Transgression. C’est en 1979, qu’il a tourné son premier film et depuis, il n’a pas cessé avec ses courts métrages ultra fauchés, aussi plein d’invention qu’ils manquent de moyens. Il a beaucoup tourné avec Richard Kern, autre figure marquante de l’underground New-Yorkais des années 80. La sphère créatrice de Nick Zedd, c’est celle de la provocation, de la transgression, de l’excès. « Puisqu’il n’y a pas de vie après la mort, écrit-il, le seul enfer est celui de la prière, de l’obéissance aux lois et le seul paradis est celui du péché, de la rébellion, du plaisir, du sexe, de l’apprentissage de nouvelles choses. Il faut casser autant de règles que possible ». Cet univers diamétralement opposé à celui de l’Amérique bien pensante de Georges Bush (père et fils), Nick Zedd le décline dans des films, où se mêlent déviations sexuelles, antireligiosité, dénonciation des systèmes et de l’aliénation, sur fond d’humour décalé et féroce, et sans que tout cela n’empêche la poésie et la tendresse. 

Ses influences vont de Jack Smith ou Kenneth Anger à John Waters. En 1979, son premier film, « They Eat Scum », sort en super8 dans les salles underground new-yorkaises. Le public est loin d’être conquis. Le film se démarque des autres productions par sa facture bordélique et son humour décalé et violent. Il récolte l’indifférence voire l’hostilité des médias traditionnels et alternatifs. Les années suivantes, Nick Zedd est rejoint par d’autres réalisateurs, d’abord Richard Kern en 1984 avec lequel il tourne « Thrust in Me », puis Tommy Turner, Casandra Stark, Tessa Hughes-Freeland, Kembra Pfahler, etc. Dans un mouvement à la fois fédérateur et auto-promotionnel, il écrit le « Manifeste du Cinéma de la Transgression » et sort le fanzine « The Underground Film Bulletin » (de 1984 à 1990) dont il est l’auteur principal, sous le pseudo d’Orion Jeriko.

« Nous proposons que tous les films d’école soient brûlés et que tous les films chiants ne soient plus jamais réalisés. Nous affirmons que le sens de l’humour est un élément essentiel déprécié par les académiciens gâteux, qu’un film qui ne choque pas ne vaut pas la peine d’être regardé. Toutes les valeurs doivent être contestées. Rien n’est sacré. » Nick Zedd

They eat scum – 1979 – 75 mn

Premier et dernier long métrage de Nick Zedd. 

 

Mommy, mommy, where’s my brain – 1986 – 9 mn

 

 

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