Cinéma cinémas (1982 – 1992) – Claude Ventura

EXTRAITS

Vous connaissez peut être l’émission télé Cinéma Cinémas créée par Claude Ventura ? Je la regardais régulièrement… non je plaisante, j’étais encore très jeune durant son existence. Mais un coffret 4 DVD de douze heures permet d’en (re)découvrir pleins d’épisodes (très variés), et il y a franchement de très bons moments, bien que l’ensemble présenté soit inégal. Nous devons notamment l’initiative de cette édition à Jean-Pierre Jeunet (une manière de se rattraper à mes yeux par rapport à son fameux Amélie Poulain, qui m’a bien fait « souffrir » pendant de longs mois). 

Petite série ci-dessous, précédée d’un texte de Jeunet dans le dossier de presse accompagnant l’édition; ne pas hésiter à se procurer cela en médiathèque… si possible : 

« Pour tout cinéphile, Cinéma Cinémas n’aura pas été seulement la meilleure émission jamais produite sur le cinéma, mais probablement la meilleure émission de télévision tout court ! 
Les soirs de diffusion étaient réservés, les programmes épluchés, les magnétoscopes VHS chauffaient, les téléphones sonnaient le lendemain et les commentaires allaient bon train… Quand la musique de Une place au soleils’envolait sur les fabuleux dessins de Peellaert, quand enfin Rita Hayworth lançait son « I don’t want to die », alors retentissait le gong et Eddie Constantine pouvait ouvrir les portes du long corridor sur 50 minutes de pur bonheur. 

Je me souviens avoir mangé un plateau de fruits de mer à Etretat, aux côtés d’un inconnu dont je venais de reconnaître LA VOIX… Tétanisé comme un fan intimidé, je n’avais osé m’adresser à… Michel Boujut. C’est parce que Cinéma Cinémas… que des années plus tard, j’ai fait des essais avec Michel pour la voix off d’Amélie Poulain. Et même si j’ai finalement choisi André Dussollier, la voix de Boujut reste pour moi LA VOIX OFFICIELLE du Cinéma ! 
Sans oublier la voix de Jean-Claude Dauphin, annonçant les interviews des dinosaures d’Hollywood, bronzés-liftés au bord de leur piscine, interrogés par un certain Philippe Garnier. 

Et c’est parce que… Cinéma Cinémas que je fantasmais sur ce Garnier, dévorais ses articles dans Libération, me ruais sur les rééditions chez Bourgois des romans de John Fante qu’il avait préfacés. C’est aussi parce que Cinéma Cinémas que je me précipitais sur une de mes premières intervieweuses pour la promotion d’Amélie, à Lyon, qui n’était autre qu’Anne Andreu. Et enfin, je rencontrais le maître de « la forme », Claude Ventura, car Cinéma Cinémas n’était pas seulement une émission sur le cinéma. 

Illustrations musicales, bancs-titres virevoltants, mise en scène des objets, intégrations des extraits de films et des voix off, c’était DU cinéma. Je suis certain que le générique de Délicatessen, caméra dansant d’un objet à l’autre sur les phrases musicales, doit beaucoup à Claude. De temps en temps, je ressortais une vieille VHS au hasard, et d’un Spécial Hitchcock à une Lettre d’Alain Cavalier ou d’Antonioni expliquant comment la caméra passait par la fenêtre dans Profession reporter aux archives de la Collection Rohauer, je constatais que rien n’avait vieilli, que beaucoup de sujets avec le temps n’en étaient que plus émouvants (la plupart de ces vieux « directors » hollywoodiens ont aujourd’hui disparu). 

Par contre, force était de constater que mes VHS avaient, elles, bien vieilli… et je commençais à imaginer un coffret DVD afin de sauver ces chefs-d’œuvre en péril de l’oubli éternel. Hélas, pas question de rééditer la totalité des neuf années de diffusion! 
Rapidement, je me suis rendu compte que je serais dans l’impossibilité de choisir, et que le mieux serait de jouer le « parfait producteur », c’est-à-dire de faire confiance aux auteurs eux-mêmes. C’est ainsi que les trois mousquetaires ont établi leur liste préférentielle, et que Claude Ventura s’est de nouveau attelé à la tâche. J’ai à peine jeté un oeil distrait aux choix de La collection, à la fois redoutant des déceptions sur certaines absences, à la fois ne voulant pas me gâcher le plaisir de la 
redécouverte. 

C’est grâce à la détermination d’Emmanuelle Sterpin, Docteur es Rééditions, qu’après deux ans de travail et de négociations, Cinéma Cinémas revoit enfin le jour, avec la collaboration précieuse et indispensable de l’Ina et le soutien du CNC. »

 

J’inaugure cette petite série avec une des meilleures interviews que je connaisse du cinéaste finlandais Aki Kaurismaki :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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