Baraka – Ron Fricke (1992)

USA – EN ENTIER – 97 mn

Un défilé d’images de notre monde, des espaces vierges et sauvages jusqu’aux jungles urbaines. Avec des musiques de Dead can dance (groupe évoqué ICI sur le blog).

Présentation de Virgile Dumez (A voir à lire) :

Ron Fricke a été un collaborateur de Godfrey Reggio sur le magnifique Koyaanisqatsi (1983) dont il a signé la photographie. Il décide donc en 1992 de reprendre à son compte le procédé développé par la trilogie des Qatsi et réalise seul ce défilé d’images de notre monde. Le principe est strictement le même avec une totale absence de commentaire. Une magnifique musique de Michael Stearns et du groupe Dead Can Dance accompagne et sublime des images somptueuses. 
Chaque plan est d’une beauté incroyable, nous donnant à voir le monde tel qu’il est. La force de ce métrage vient du fait que, malgré l’absence de commentaire, les images font sens. Ainsi, le cinéaste passe une première demi-heure à contempler la beauté de la nature et à nous plonger dans les cultures ancestrales de l’humanité. On assiste à des cérémonies de tribus africaines, amazoniennes et bien d’autres. Puis, le film amorce un net virage en se concentrant sur les grandes métropoles du monde asiatique. L’accélération des images provoque en nous une impression étrange, comme si cette vie moderne n’avait finalement aucun sens dans son désir constant de productivité et de vitesse. Les scènes les plus dures sont celles qui se concentrent ensuite sur les inégalités entre les pays développés et ceux du tiers-monde. Les exclus de cette croissance mondiale aveugle sont filmés alors qu’ils cherchent désespérément de quoi manger dans les décharges publiques. Le tout sur une musique absolument déchirante. 
Le cinéaste évoque ensuite les différents génocides (juif et cambodgien entre autres) avec beaucoup de pudeur. La boucle est bouclée lorsque le film se termine sur des images de ruines grecques et romaines, qui rappellent que chaque civilisation est périssable. 
On sort de la projection admiratif devant tant de beauté, mais aussi avec le sentiment amer que l’homme est capable de tout gâcher par son désir d’exploiter au maximum les ressources de la planète et ses semblables.

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