Gimme shelter (The Rolling Stones) – David et Albert Maysles, Charlotte Zwerin (1970)

USA – EN ENTIER – 90 mn

Potemkine.fr : Fin 1969. Voilà guère plus de trois mois que Brian Jones a été retrouvé mort dans sa piscine. Les Rolling Stones vivent une période troublée de leur carrière lorsqu’ils se lancent dans une triomphale (et catastrophique) tournée aux Etats-Unis. A Altamont, non loin de San Francisco, le service d’ordre d’un concert géant en plein air est confié aux Hell’s Angels, sur les conseils du manager du Grateful Dead. Mauvaise idée. Face à une véritable marée humaine, les Hell’s multiplient les provocations et les violences, envahissent la scène et finissent par poignarder un spectateur noir devant les caméras (et un Jagger livide !), pendant que le groupe joue Sympathy For The Devil. 35 ans plus tard, ce formidable documentaire sonnant le glas des concerts style Woodstock, atteste des incroyables déferlements de violence que pouvaient provoquer à l’époque les Rolling Stones.

 » 6 décembre 1969, autodrome d’Altamont, près de San Francisco. Les Rolling Stones donnent le dernier concert d’une tournée frénétique aux États-Unis. Absents de Woodstock un an auparavant, les Stones veulent en profiter pour marquer le coup et recréer la grande fête hippie, dans un grand élan de démesure orgueilleuse qui fit aussi le génie du groupe. Ils ont raison, car ils incarnent à ce moment précis, et à eux seuls (ils composent encore une musique qui ne doit qu’à elle-même), toute la dimension subversive du rock […] Ce soir-là, les réalisateurs de Gimme Shelter, David et Albert Maysles, engagés au préalable pour filmer la tournée, installent donc leurs caméras selon le dispositif classique du film-concert. Mais ils vont capter malgré eux une incroyable irruption du réel : dans la foule opaque, quatre spectateurs vont trouver la mort, une mort qui entraînera la fin, révélée, filmée, d’une époque […]

Le rock, celui qui imprègne et est imprégné de son époque, qui se nourrit de ses propres représentations, est à ce moment filmé dans sa dimension documentaire. Pour le restituer pleinement, le temps réel est de mise. Le cinéma, pour le toucher dans sa vérité essentielle, met ainsi en scène le rock dans le lieu où s’incarne sa plus parfaite expression : celui, live, du concert. Les frères Maysles filment au bon moment l’événement de cette année 69, la rencontre d’un groupe de rock avec son public, mais déjà un peu trop tard, car c’est la mort de ce lien qui se cristallise sous leurs yeux. » Jérôme Larcher, Cahiers du cinéma, numéro hors-série 68

 

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Une réflexion sur “Gimme shelter (The Rolling Stones) – David et Albert Maysles, Charlotte Zwerin (1970)

  1. Pingback: The Stones in the park – Leslie Woodhead (1969) // One plus one – Godard (1969) // Out of the blue – Denis Hopper (1980) | citylightscinema

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