Improvisations. Samir et ses frères (Trio Joubran) – Raed Antoni (2005)

EXTRAITS

J’ai découvert il y a quelques semaines ce groupe de musique palestinien. Saisi par la beauté musicale de leurs compositions, j’ai été encore plus absorbé par les morceaux reprenant également des poèmes de Mahmoud Darwich, récités. Ainsi par exemple Sur cette terre :

Le poème de Mahmoud Darwich :

Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : l’hésitation d’avril, l’odeur du pain à l’aube, les opinions d’une femme sur les hommes, les écrits d’Eschyle, le commencement de l’amour, l’herbe sur une pierre, des mères debout sur un filet de flûte et la peur qu’inspire le soulèvement aux conquérants.

Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : la fin de septembre, une femme qui sort de la quarantaine, mûre de tous ses abricots, l’heure de soleil en prison, des nuages qui imitent une volée de créatures, les acclamations d’un peuple pour ceux qui montent, souriants vers leur mort et la peur qu’inspirent les chansons aux tyrans.

Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : sur cette terre, se tient la maîtresse de la terre, mère des préludes et des épilogues. On l’appelait Palestine. On l’appelle désormais Palestine. Ma Dame, je mérite la vie, car tu es ma Dame. (1986)

 

EXTRAITS DU DOCUMENTAIRE :

Africultures : « L’observation sensible de la vie d’une famille palestinienne, les Joubran, instrumentistes et luthiers, autour d’un trio fraternel où musique, amour et politique composent un savoureux mélange.Dans la famille Joubran il y a le père, la mère et leurs trois fils. Hatem, le père, vit avec sa femme à Nazareth, où il travaille comme luthier. Samir, l’aîné des fils, vit à Ramallah, avec sa femme et sa petite fille. Samir est un grand musicien de Oud et le « Duo Joubran » qu’il forme avec son frère cadet Wissam est déjà reconnu internationalement. Adnan, le petit dernier est un musicien prometteur qui rêve de jouer avec ses frères. Samir et Wissam ont décidé de tenter l’expérience d’un trio avec Adnan. Un projet qui les force à revisiter à la fois leurs relations familiales et leurs ambitions de vie.
Raed Andoni, le réalisateur, les a suivis dans cette aventure. Entre Ramallah, Nazareth et Paris, les trois frères circulent, passent (difficilement) les check points, travaillent, rient, pleurent,  » s’engueulent « … Ils improvisent leur musique et leur vie quotidienne, discutent leur identité personnelle et collective, sous l’œil attentif des parents à la fois fiers et inquiets d’avoir engendré une telle progéniture. »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s