Chronique d’un été – Jean Rouch et Edgar Morin (1961)

EN ENTIER – VF sous titrée espagnol – 90 mn

Eté 60. Alors que la guerre fait rage en Algérie et que le Congo lutte pour son indépendance, Jean Rouch et Edgard Morin discutent d’un film à faire, un film qui interrogerait la société française. Ils lancent dans les rues deux jeunes filles avec pour mission de demander aux  passants s’ils sont heureux. Certains les insultent, d’autres rient ou fuient, mais beaucoup se prêtent au jeu. Le film se concentre ensuite autour d’une poignée de personnages qui, chacun à leur manière, répondent à la question : « Comment faites-vous avec la vie ? » De leurs discussions émerge peu à peu un portrait d’une France à cheval entre deux décennies, entre deux moments de son histoire.

 ARTE : « En marge du remarquable coffret DVD dédié à Jean Rouch aux éditions Montparnasse, « Chronique d’un été » se consacre à un genre discursif cher au cinéaste, qui lui réussira particulièrement avec « La Pyramide humaine » (1961) et « Petit à petit » (1971). La France du début des années 1960 se reflète dans les conversations parfois désabusées mais énergiques d’un ouvrier détaillant le quotidien métro-boulot-dodo et pourtant satisfait de ses pairs (on pense au terrible court métrage « L’amour existe » de Maurice Pialat [voir ICI sur le blog], réalisé à la même époque et consacré à la banlieue parisienne). Cette vision est aussi marquée par l’état d’esprit d’étudiants qui, ici, sont également des intervenants. Ces derniers relaient ce désir d’impertinence que Jean Rouch et Edgard Morin cherchent à insuffler à leur projet. 

Mai 68 est encore loin, la Nouvelle Vague à ses débuts, mais l’énergie de la petite équipe est incomparable. « Chronique d’un été » offre l’aspect d’un film en train de se faire, de la présentation de leur sujet par les deux cinéastes à un débriefing faisant office de conclusion, lors duquel chacun donne son avis, sans manier la langue de bois (on y reconnaît le jeune Régis Debray, par encore embarqué dans son équipée aux côtés de Che Guevara, en Bolivie). Incroyablement revigorant, le résultat fait fi de tout dogme cinématographique, sans jamais tomber dans l’anecdote. Tout semble de première importance ici, de la moindre conversation de café à une incroyable séquence balnéaire, où le film part littéralement en vacances, pour continuer son projet à Saint-Tropez, tout en évoquant sans tabou l’actualité (l’Algérie, le coût du logement, les difficultés des jeunes). Un manifeste rayonnant à redécouvrir. « 

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