Onze footballeurs en or – Jean Christophe Rosé (1996)

EXTRAITS

Jean-Christophe Rosé a déjà à été évoqué ici sur le blog à travers le superbe documentaire Fausto Coppi, une histoire d’Italie.

Le présent film est une autre très belle réussite en terme de documentaire sportif. Une fois de plus le réalisateur exerce un montage d’archives rares et pertinentes, au service non seulement d’une histoire footballistique à savourer, celle de la merveilleuse équipe hongroise des années 50 et notamment le très grand Puskas, mais aussi en la mettant en relief avec l’Histoire de la Hongrie d’alors. Comme pour Fausto Coppi, une histoire d’Italie, le cinéaste raconte une Histoire d’un pays à travers un mythe sportif. Dans son travail, le commentaire off n’est pas simplement une illustration et constitue une part importante du film. L’ensemble donne des liens complexes entre une histoire sportive et « le peuple » qui s’y retrouve (et vice versa ?), malgré l’évidence de rapports entre le pouvoir d’un pays et son représentant sportif. Rosé, une fois de plus, fait du sport quelque chose de très fort. Il est un cinéaste à part dans le domaine du documentaire sportif, effectuant un travail considérable, qui dépasse la simple retranscription d’exploits sportifs, auxquels n’échappent pas les documentaires bateaux et leurs lots de conventions biographiques, idolâtres dont on se fout, dans le fond, complètement. Rosé utilise les archives dans une optique de construction d’une vision, ouverte aux imaginations et interprétations populaires d’un mythe sportif, au-delà des récupérations du pouvoir. Onze footballeurs en or s’achève dans la douleur : l’invasion des chars soviétiques à Budapest. En six ans (1950-56), l’équipe de la Hongrie perdra un seul match, en finale de coupe du monde de 1954, à Berne… face à la RFA. Pour dire à quel point cette défaite hongroise fut un évènement incroyable, ce dernier match a fait a lui tout seul l’objet d’un documentaire intéressant, Le miracle de Berne de Guido Knopp et Sebastian Dehnhardt (2004), mais avec une dimension nettement inférieure au film de Rosé (une fiction Le miracle de Berne de 2003 prend également cette finale comme trame du récit). Par ailleurs, pour la grande anecdote, cette finale gagnée par l’Allemagne en 54 constitue ironiquement la toile de fond sonore du terrible final du Mariage de Maria Braun de Fassbinder – la séquence est visible ICI sur le Blog. Voilà un cinéaste qui en a fait quelque chose de très moche… Des éléments de la fin du documentaire qui lui est consacré ne sont pas non plus forts élogieux (soupçons de dopage etc). 

Il est fort dommage qu’ Onze footballeurs en or ne dispose que de deux extraits sur le net. Tous deux portent sur les rencontres Hongrie-Angleterre. N’y voyons pas là, en ces temps d’Euro 2012, une manière de porter la poisse aux anglais avant leur quart de finale de ce 24 juin face aux « diables » italiens dont ne se méfie jamais assez (à tort) quand ils ont l’air de ne pas briller. C’est tout ce qu’il y a de dispo à ce jour sur la toile. Si vous pouvez vous procurer ce documentaire en DVD ou en le commandant en médiathèque, je vous y encourage vivement!

Blog du Footichiste : « Le 23 novembre 1953, un match particulier se déroule dans l’enceinte de Wembley. L’équipe nationale d’Angleterre, sûre d’elle, reçoit une équipe invaincue depuis trois ans, la Hongrie. Pour beaucoup de chroniqueurs de l’époque, il s’agit ni plus ni moins du “match du siècle”. La confrontation très attendue entre deux équipes toutes deux considérées comme invincibles. A la stupeur générale, la rencontre se transformera en une symphonie magyare dont l’ampleur du score suffit à résumer la victoire : 6-3. Le destin de cette équipe magyare, championne olympique en 1952, sera alors unique. Devenus malgré eux les instruments de la propagande communiste du gouvernement de Budapest, les joueurs alignent les matches avec autant de victoires. En six ans, cette équipe ne connaitra qu’une seule défaite. Et quelle défaite ! C’était la finale de la Coupe du Monde, le 4 juillet 1954 à Berne. Deux ans plus tard en 1956, l’insurrection du peuple magyar est matée par les chars soviétiques. Au moment des événements, les joueurs sont à l’étranger, notamment avec le club de Honved. Ils ne rentreront jamais au pays. C’est la fin dramatique d’une mythique équipe de football, dépassée par l’Histoire. »

ICI : Extrait 1 : Angleterre-Hongrie (1953) : 3-6

ICI: Extrait 2 : Hongrie-Angleterre (1953) : 7-1

Post Scriptum : sur le site Le footichiste, dans l’article « Hongrois rêvés », il est précisé, en commentaires, que le film n’a toujours pas été édité en DVD par Arte, d’où sa quasi inaccessibilité. En attendant sa sortie, il reste la possibilité d’en guetter une prochaine diffusion T.V et de sortir les enregistrements ! Pour ma part mon seul exemplaire venait d’un enregistrement VHS lors d’un passage sur Arte…

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3 réflexions sur “Onze footballeurs en or – Jean Christophe Rosé (1996)

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