Urgent ou à quoi bon exécuter des projets puisque le projet est en lui-même une jouissance suffisante – Gérard Courant (1977)

France – EN ENTIER – 102 mn

Cela fait quelques temps que je guette et me tâte à voir les films de Gérard Courant publiés régulièrement sur « sa » chaîne you tube. Ca tombe chaque semaine, et c’est de plus en plus tentant ! C’est ainsi que dernièrement j’ai découvert un deuxième épisode de ses carnets filmés -(j’avais vu Les deux Lyon auparavant, me renvoyant à des sensations vécues il y a un an dans la ville Lumière, où le « jeu » avec le soleil est très évocateur)-, au demeurant Carnet de Nice rapidement évoqué ICI sur le blog.

Le danger est qu’il a filmé à son actif plus de 300 heures (d’après « les amis de Cinématon »), et que devenir un assidu spectateur pourrait être dangereux, hi hi hi ! Et comme je constate la présence de films autour du cyclisme, je sens que je vais consacrer quelques heures dans la semaine à un cycle Gérard Courant… (et je croise les doigts pour que soit disponible en ligne un de ces quatre Chambéry les arcs ! ). Une fois de plus, je rappelle que Gérard Courant est surtout réputé pour ses milliers de cinématons, auxquels il est souvent réduit par ailleurs, ce qui semble être très dommage au vu de mes découvertes progressives de quelques uns de se ses films hors cinématons. Pour ces derniers, je vous renvoie au premier article du Dr Orlof, retrouvé sur la toile, concernant le lancement de son fameux « cinéma(ra)t(h)on », introduisant bien cette oeuvre immense de Gérard Courant. 

Le film qui nous intéresse ici, dont le titre m’a directement emballé, est son premier long métrage. Une expérience que la vision de ce film, surtout de bon matin. L’ouverture est superbe (Courant dans son appartement, sur une chanson interprétée par Nico!) et elle m’a donné envie de m’installer pour une bonne heure et demi devant l’écran. Il n’y a pas de récit, de fil narratif, des trucs s’enchaînent sans vraiment de rapport entre eux. Là-dessus, je ne peux que citer un passage de la présentation du film écrite par Gérard Courant, et publiée EN ENTIER ici sur son site :

« Je crois aux films impossibles et je crois aux oeuvres insensées.
Je crois au pari fou de faire un film sans images.
Je crois au cinéma invisible.
Je crois au cinéma sans caméra, sans pellicule, sans projecteur, sans écran (1).
Je crois aux films fantômes, au cinéma fugitif.
Je crois aux anti-films.
Je crois aux non-films.
Je crois en Urgent…, mon premier long métrage qui est un film tellement anti-tout que je me demande parfois s’il existe réellement !
Je crois au concept d’anti-art et je crois en son instigateur, Marcel Duchamp. Je crois à sa pensée (anti) artistique et à sa philosophie.« 

« Films fantômes » : c’est vraiment en lien avec mon impression ressentie à la vue de ce film, dont les images sont extraites en partie d’images d’archives (et retouchées etc). Film « expérimental », c’est une expérience ici que de se plonger dans des images drainant un parfum, oui, de mort (comme Courant l’évoque dans son texte de présentation cité plus haut), accompagné d’une BO géniale contribuant à des sensations. Esthétiquement, ses procédés s’inscrivent dans la continuité des Lemaître, Isou, Debord… 

Un film mystère, « fantôme »… Je vous recommande cette petite expérience. D’ici là, je me réserve quelques surprises de Gérard Courant (que je m’attend bonnes) depuis sa chaîne You tube (« ZYTHUM1895 ») – 3 à 5 films repérés… comme prioritaires. Sa démarche de « fou de cinéma » (Dr Orlof) m’intrigue de plus en plus et surtout je commence à entrer dans son oeuvre, en étant plus attentif. Un rapport à la vie que je trouve à la fois de plus en plus perturbant et enthousiasmant ! Particulièrement pour les carnets filmés, tel un Jonas Mekas, et plus conséquents sur la durée et l’expérience que le très bon Tarnation de Jonathan Caouette (ICI sur le blog) qui reste pour moi un film de chevet dans le domaine ! L’obsession des lieux chez Courant est par exemple un aspect qui m’interpelle : la présentation qu’en fait le Dr Orlof dans Carnet de Nice évoque en effet ce retour filmé continuel sur les gares, les rues etc : génial ! Une espèce de travail sur le temps et le lieu dont l’idée me plaît beaucoup. J’ai même à titre perso tenté une démarche similaire, avec très peu de moyens malheureusement et sans rigueur filmique/photographique sur la durée, quant à des endroits du nord de la France. J’aurai bien voulu être touché de la folie Courant pour mener à bien mes intentions devenues aujourd’hui plus claires…

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