The wobblies – Stewart Bird et Deborah Shaffer (1979)

USA – EN ENTIER – VO (anglais) non sous titrée – 89 mn

Documentaire réalisé à propos du syndicat ô combien important des Industrial  Workers of the World (IWW), créé aux USA… en 1905 ! Toujours existant, comptons parmi ses membres actuels un certain Noam Chomsky.

Film intégral en VO non-sous titrée :

(sous-titrage anglais automatique avec le lecteur You Tube)

Il s’agit du seul documentaire conséquent, à ma connaissance, sur ce sujet. Il est tourné autour de témoignages de travailleurs organisés dans ce syndicat lors son époque la plus importante (et aussi la plus violemment réprimée), alors assez âgés en 1979, à défaut d’avoir des témoignages de « leaders » historiques du mouvement (qui se défiait d’avoir des chefs, en correspondance concrète avec ses principes et modes d’organisation). Il y a aussi des images d’archives. Au niveau formel, le documentaire ne présente pas d’atouts véritables, malgré le sujet énorme et la superbe initiative que d’avoir pu retrouver trace d’acteurs expérimentés dans ce syndicat. Noter qu’il a tout de même été tourné en 16 mm et que les deux cinéastes se disent avoir été inspirés par le film terrible et incontournable de Marcel Ophüls Le chagrin et la pitié, chronique d’une ville française sous occupation, documentaire fleuve et véritable boulet de canon à tout point de vue, auquel même Woody Allen, à mille lieux d’un cinéma engagé socialement, fait référence (je renvoie d’ailleurs à une fameuse séquence, très drôle, présente dans son magnifique Annie Hall). 

Syndicat oeuvrant grossomodo pour l’abolition du salariat, la démocratie ouvrière, l’autogestion, l’action directe, la syndicalisation sans frontières et ne prônant aucun critère de race, langue, religion et origine sociale, il est tout simplement incontournable dans le champ des luttes sociales et d’émancipation. Je renvoie dans un premier temps, par fainéantise et aussi parce que je suis loin d’en maîtriser « l’histoire », à l’article de wikipedia.

En terme de fiction, le suédois Bo Widerberg a réalisé Joe Hill en 1970, prenant pour sujet la vie de ce militant (suédois) de l’IWW. Je n’ai malheureusement pas encore eu l’occasion de le voir et reste intrigué par ce film; Bo Widerberg a réalisé quelques autres films liés aux luttes sociales et à la politique, sans lâcher le côté formel au profit du seul sujet et en dégageant des réflexions de fond sur les pouvoirs : j’ai notamment pu voir Adalen’31 (1969) où le manichéisme n’a pas lieu même si je suis tout de même perplexe pour quelques aspects, et Un flic sur le toit (1976) très intéressant sur la social démocratie (historiquement et politiquement très importante en Suède), avec une séquence très marquante lorsqu’un hélico s’écrase…

Musicalement, les IWW ont donné lieu à des chants de lutte très riches, qui ont donné lieu en 1909 à l’édition du Little red songbook par un comité d’unions locales. Soit des chants écrits entre autres par Joe Hill, mais aussi T-bone Slim etc, dont voici quelques reprises :

Interprétation live du grand guitariste folk Utah Phillips, décédé en 2008 et fils d’un syndiqué aux IWW de Chicago, il en rejoint aussi les rangs…

Billy Bragg et le fameux chant There is power in a union (de Joe Hill), ici en live. J’en profite pour conseiller la discographie de ce cher Billy Bragg, qui joint qualité musicale, interprétation vocale et textes, tout en effectuant de nombreuses reprises et en multipliant de bonnes collaborations, y compris avec la fantastique Natalie Merchant dont je suis fan !

Et ci-dessous la même, non pas en festival, mais aux côtés des luttes sociales… en 2011 !

 

Bon, j’en reviens au documentaire. Nous y noterons donc les archives visuelles, les témoignages conséquents et la voix off qui n’est autre que celle d’un certain Roger Baldwin, membre des IWW et aussi fondateur de l’Union américaine pour les libertés civiles. Documentaire intéressant par sa rencontre avec les bases, à un moment où le syndicalisme est plus que jamais rongé ici et là par le carriérisme, la bureaucratie et les complicités de pouvoir et de partis. Y sont narrées leurs participations, entre autres, à de grosses grèves des années 1910. Bien que le documentaire soit ici en anglais sans sous-titres, il y a moyen sans être grand anglophone d’en saisir les grandes lignes et d’apprécier les témoignages. Sans doute pas le documentaire du siècle, mais il a le mérite d’exister et de constituer un document important de luttes dont le flambeau ne doit pas péricliter dans notre présent aux allures de défaites collectives… Les intervenants n’ont pas perdu, en 1979, leurs convictions et sans être rongés de militantisme professionnel; un certain humour semble aussi en témoigner.

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7 réflexions sur “The wobblies – Stewart Bird et Deborah Shaffer (1979)

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