Etats Généraux du documentaire de Lussas – Deuxième partie

         Comme annoncé dernièrement, j’enchaîne et conclue quant à cette édition 2012 de Lussas avec la contribution de bénévoles de l’accueil public en salles. Elles et ils ont accepté de m’accorder de petites interviews. Une manière d’avoir quelques points de vue sur l’expérience de leur bénévolat et la perception du festival depuis cette activité et comme spectateurs; puis bien entendu quelques appréciations personnelles de la programmation du « dernier cru ». Je glisse dans la mesure du possible quelques extraits/liens (en surbrillance) de film évoqués par les différentes personnes. Les interviews ont le mérite, je pense, de se faire écho ici et là, bien que données séparément. Peut-être une manière d’y voir des bribes de synthèse, aussi subjective reste-t-elle et compartimentée à quelques personnes. Cela ne vise pas à représenter l’ensemble du public et des acteurs-trices du festival. Débutant dans cet exercice de l’interview, dans le cadre du présent blog, il faudra excuser mes maladresses, en particulier pour ce qui concerne l’entretien filmé (avec une webcam) que je met en toute fin de post; le son n’y est pas terrible du tout, mais je tenterai de progresser par la suite à ce petit jeu, à l’occasion de futures rencontres et évènements sans doute . J’ose espérer aussi que le RSA me permette de me financer un de ces quatre du matériel un peu plus conséquent en terme de prise d’images et de son. 

J’aurai l’opportunité, sans doute ces prochains mois, de me voir quelques uns des films diffusés à Lussas (j’ai ma petite liste éh éh) et d’en partager si possible quelques impressions de visionnage. En espérant que quelques extraits, au moins, soient disponibles sur la toile. Et qui sait, un p’tit séjour local pour me concocter de petites programmations… à la Maison du doc ?

1) Entretien avec Chiara et Céline Rouzet

Présentation :

Chiara : A la base je suis journaliste, et j’ai fait du journalisme en Italie. Je suis venue en France pour faire « anthropologie des images ». Ainsi cette année j’étais à Nanterre. Je suis venue à Lussas justement parce que c’est le documentaire qui m’intéresse, car le reportage c’était surtout des choses liées au journalisme. Je me suis donc maintenant plutôt intéressée au documentaire sur la longue durée. Soit quelque chose davantage lié à l’anthropologie, pas le reportage de journal télévisé.

Céline : Je suis reporter et documentariste radio, freelance, à France culture, France inter et parfois radio suisse romande, et  je vais tenter avec la radio belge. J’essaie d’écrire quelques articles aussi en presse écrite. J’ai un projet de film documentaire sur la Papouasie Nouvelle Guinée, qui est mon terrain, ma chasse gardée et qui m’a permis déjà de m’imposer comme reporter et documentariste à radio France, et de faire ma place. Ça fait trois ans que j’y vais.

Quelles ont été vos motivations à venir comme bénévoles à Lussas ?

 Chiara : C’est une prof de Nanterre qui m’avait parlé de Lussas, qui m’avait dit que c’est l’un des festivals les plus importants, en France, sur le documentaire. Qu’il y avait possibilité d’être bénévole et que c’est une bonne atmosphère, soit du côté documentaire, mais aussi pour le côté sympa du festival, et avec des gens intéressants. Je me suis donc motivée à venir pour voir des documentaires, connaître des gens qui sont un peu dans le milieu et profiter aussi de l’ambiance agréable du festival.

Céline : C’était pour lier plaisir, pseudo vacances, et travail. Comme j’ai un projet de film documentaire, j’essaie de m’ouvrir à ce monde-là depuis environ un an, voire plus, mais à travers le visionnage de films, de grands classiques. Le festival ça me permettait d’avoir accès à ce qui sort aujourd’hui, à ce qui est primé, à ce qui est sélectionné par le festival, et à des documentaires plus contemporains, à d’autres classiques auxquels je n’aurais pas pensé, de l’étranger notamment. Et c’est vrai qu’on m’avait parlé aussi de l’ambiance de petit village ardéchois. Donc voilà lier le plaisir, essayer de profiter de ce moment-là pour avoir des vacances que je m’autorise peu, tout en découvrant des films et en se retrouvant dans cet univers de festival de documentaires.

Au niveau du bénévolat, est ce que ça a répondu à vos attentes ? Y a-t-il eu des points négatifs ?

 Chiara : On nous avait dit qu’on avait une charge de travail légère. Si j’avais su que c’était pour neuf heures par jour, j’aurais été là de toute façon, mais c’est bien d’être clair, de le dire avant, comme cela on décide si on veut venir ou pas, consciemment de ce qui nous attend. Autrement l’expérience est positive, je suis contente.  Je veux revenir en tant que bénévole l’année prochaine… ou dans le futur. Parce que là c’est un peu la question d’être bénévole toute la vie. Je ne sais pas… J’ai été déjà pas mal de fois bénévole en Italie, et là je commence à en avoir marre. Sinon l’expérience ici était totalement positive.

Par rapport à l’Italie, justement, tu constates des différences ?

 Chiara : Un festival comme ça n’existe pas en Italie, pas vraiment, et en plus ici en France il y a plusieurs festivals de ce type. En Italie ce n’est pas évident de trouver des festivals ainsi, surtout avec cette ambiance et cette motivation des personnes. Il n’y a pas beaucoup de place pour la culture en Italie et donc évidement il n’y a pas de festivals comme cela.

Céline : Je crois que j’imaginais quelque chose d’assez similaire. Effectivement la charge de travail est assez importante. Après j’ai trouvé qu’on avait accès à beaucoup de films. Le fait d’être coincée dans une salle, puisqu’on est piégés dans la même salle pendant une semaine (rires), ça permet finalement de se forcer à regarder des films qu’on n’aurait jamais été voir. Je pense que du coup ça enrichit le programme de visionnage. Sinon j’aurais fait vraiment une sélection très pointue de ce que je voulais, alors que là je me suis retrouvée sur des trucs qui me plaisaient beaucoup moins à priori. Ça c’était intéressant. Et après c’est assez intense. J’avais très peur de l’esprit colonie de vacances, me retrouver avec des gens trop jeunes, pensant surtout à se bourrer la gueule etc. Finalement, c’est un esprit un peu colonie de vacances, mais pas extrême, juste agréable. J’avais très peur de ça et je ne l’ai pas mal vécu.

 Comment vous avez vécu vos rapports au public et aux «professionnels » ?

 Chiara : Le public, parfois il y a des gens énervés mais c’est normal, il faut gérer tout ça. Et les professionnels, non, disons que les expectatives sur public et « professionnels »… étaient correspondantes à la réalité. Les professionnels étaient des gens normaux, ce sont des êtres humains comme les autres (rires).

Céline : Pareil pour quand tu différencies en fait public et professionnels. Nous, comme on l’a vécu, c’était très mêlé, les professionnels étaient fondus dans le public. Du coup on avait un bon rapport notamment à la sortie des salles, à l’accueil. J’aimais bien, je crois que vous aussi, demander aux gens « alors comment ça s’est passé ? Pourquoi vous partez ? ». Alors quand les gens étaient scandalisés c’était très drôle. On avait le droit à des insultes (rire), à des critiques assez virulentes, et en même temps sous une forme assez humoristique, les personnes prenaient ça aussi avec de l’humour. On pouvait vraiment discuter de tout ça et construire un peu notre vision de ce qui peut paraître du bon documentaire. Cette discussion avec le public, qui comprend des professionnels, était intéressante. Et après, quand on dit souvent avec ce genre de festival, aux étudiants par exemple, que c’est intéressant pour se rencontrer et pour se faire du réseau, moi je suis un peu gênée avec cette pratique là et je pense que c’est pas du tout naturel. C’est pas comme ça que ça marche, la personne qui va aller voir le producteur ou réalisateur, « aidez-moi, vous ne me connaissez pas mais… ». Les rencontres que j’ai finalement pu faire cette semaine avec des professionnels se sont produites de facon très spontanée et naturelle, par hasard… au détour d’une conversation.

Est-ce qu’il y a des films qui vous ont marqué dans cette édition, en tant que spectateurs, ou du point de vue des échos du public ?

 Chiara : En ce qui concerne les séances que j’ai vu, je pense que l’une des plus controverses, les plus animées, c’était celle sur Ben Russell et Jean Rouch. Avec les trois courts métrages de Russell, il y avait des gens qui n’ont pas aimé les films, disant : « il nous raconte quoi, on ne comprend rien de la réalité de ces gens, on ne sait même pas que c’est au Suriname, c’est quoi l’histoire de ce peuple, ils ont fait quoi ? » ; par contre d’autres soutenaient ce que le réalisateur dit ou fait , « je ne veux pas raconter des choses ; je fais du cinéma et mon cinéma c’est une expérimentation, je ne vais pas raconter une histoire». J’ai vu effectivement des gens assez énervés en salle,  qui juste à la fin du film ont crié, sans attendre le débat par exemple. Donc finalement c’était une des séances les plus animées.

Ben Russell – Let each one go where he may – EN ENTIER – 2009. Le court métrage River Rites  (2011), évoqué par Chiara ci-dessus, est à mettre en lien avec ce long métrage de 2H13 :

Sinon les autres séances étaient assez tranquilles, peut être parfois trop (rires). Par exemple, pour le Portugal, j’ai vu que les gens n’ont pas trop aimé les documentaires « routes du doc ». Effectivement il y avait des films qui manquaient de quelque chose, d’une histoire ou qui étaient trop long, ou qui n’avaient pas de sujet ou on le perdait en cours de film. Donc là les gens étaient plutôt ennuyés, ils dormaient ou partaient de la salle. Après Je n’ai jamais été dans un séminaire, et je ne sais pas si là les gens y avaient une réponse, s’il y avait une sorte de communication entre les organisateurs et animateurs des séminaires et les gens en salle.

Céline : J’ai aussi entendu que finalement ce qui a le plus fait polémique c’était le parallèle Ben Russell et Jean Rouch. Mais moi j’ai trouvé que dans l’ensemble le public critiquait peu. Il y a des gens qui ont été scandalisés, énervés, qui sont partis ou qui dormaient, mais en fait ils se sont très peu confrontés aux réalisateurs. Ou alors ils l’ont fait de façon assez scandaleuse. Je pense à la journée de la Scam, pour un documentaire en particulier : les gens sont partis vraiment bruyamment, en voulant montrer leur mécontentement. C’était intéressant de voir qu’on avait un public qui n’était pas prêt à critiquer ; on n’avait pas de dialogue sur ça, de verbalisation de nos sensations, de nos mécontentements. Il n’y avait pas de grosse discussion, de vraie critique de la part du public.

Ce n’est pas lié à la manière dont les débats sont menés ? Je pense notamment à une salle d’où une personne est ressortie en constatant que la parole ne circulait qu’entre coordinateur et acteurs du film, dans une espèce d’auto centrisme et auto congratulation, en ne donnant la parole à la salle que très tardivement ?

Céline : Je pense que ça a pu arriver une fois ou deux, où c’était très bizarre, notamment une séance où on coupait par exemple la parole à une personne du public : « avant que vous posiez cette question, j’en pose une » (rires) et donc là ça ne marchait pas très bien.  Après sur tout ce que j’ai vu, le public avait vraiment la parole.  Effectivement, par exemple sur les docs du Portugal, il y avait des choses à dire. Il y avait des questionnements : pourquoi ça ? Pourquoi cet ennui ? Qu’est-ce que vous avez cherché à  dire ? Même ceux qui étaient ennuyeux, notamment un  qui était vraiment très particulier, avec une petite fille qui répète « j’ai envie de dormir » pendant 20 mn et dort ensuite pendant 10 mn (Salomé Lamas,Video Home System – 2012). L’expérience  était vraiment l’expérience de la salle, comment on réagit à ça ? Finalement, les gens après n’ont pas pris la parole. Ceux qui sont le plus scandalisés finalement n’osent pas. Peut-être par respect, c’est peut-être plus sympa aussi  de ne pas dire frontalement au réalisateur ou à celui qui l’organise qu’on a trouvé que c’est de la merde. Mais ça aurait fait avancer le débat je pense. Dans ce festival, j’ai l’impression qu’il y a une réflexion générale qu’on devrait  mener sur « qu’est-ce que c’est que le documentaire ? » Est-ce que ça doit être vraiment ennuyeux, des successions d’images assez fixes sur pied, prises près de la fenêtre par exemple, avec une voix off assez sinistre… posée sur une succession d’images très immobiles… bref je n’arrive  pas vraiment à expliquer. Mais j’ai l’impression qu’il y a vraiment une espèce de point de crispation là-dessus dans le festival, qu’il y a certaines personnes si tu as le malheur de leur dire « mais vraiment ça je ne vois pas », et bien… C’est peut être là-dessus qui faudrait qu’on parle vraiment, qu’est-ce que c’est le documentaire, comment on fait pour qu’il suscite beaucoup plus l’intérêt d’un public ? Ça ne veut pas dire faire du magazine et du sensationnalisme, mais ça veut dire quand même faire en sorte qu’on ne soit pas tant une niche, jugée et caricaturée.

Chiara : Là il faut considérer que le festival est vécu par des professionnels, mais aussi par du public qui passe par là et qui n’est pas dans le milieu du documentaire. C’est très difficile d’organiser une séance avec une réflexion sur le documentaire si en salle il y a d’une part des gens qui connaissent déjà ses problématiques posées et d’autre part des gens qui ne connaissent « rien », qui ont vu des films à la télé mais qui ne connaissent pas la fabrique d’un documentaire  et les questions posées par celui-ci. Par exemple la séance d’hier soir, c’était des films assez agréables pour le grand public, les familles, les enfants ; les gens étaient contents avec ces films sympas, je pense qu’on peut dire ça. Mais ces films-là, assez innocents, posent aussi, finalement, des questions importantes sur le documentaire. Donc là c’est difficile de dire il faut construire un discours sur le documentaire alors qu’il y a différents niveaux de conscience sur lui. C’est alors difficile de construire un débat productif je pense. Là, c’est un challenge pour les Etats Généraux.

Céline : Mais il y avait des ateliers-séminaires-table rondes, je ne sais pas trop comment ça s’appelle, où justement ils avaient fait appel  à des extraits. Et ça c’est super parlant je trouvais. Ça pourrait aider le public quand même à voir qu’il y a tellement de styles opposés, qu’on n’est pas dans le même champ, dans le même monde du documentaire. Ça pourrait expliquer au public pourquoi ce film nécessite l’ennui par exemple. Pourquoi à l’inverse on est un peu peureux d’avoir des films qui cherchent à séduire le public, parce qu’on a trop peur d’aller vers la télé, ce que ça veut dire pour nous et le documentaire. La part du public quand on fabrique un documentaire, je pense que c’est central comme question. Effectivement il faut conserver des trucs farfelus, barrés, qui ne plaisent pas, parce que sinon ça voudrait dire qu’on est vraiment dans une logique de télé et d’audience, qui est très dangereuse. Mais en même temps pourquoi ne pas y penser un petit peu ? On fait quand même ça pour que le documentaire soit regardé. C’est une question complexe.

 

2) Interview de Jacques

Présentation

Retraité depuis un an, j’ai beaucoup de temps libre devant moi. J’en profite pour faire le maximum d’activités qui m’intéressent et me conviennent. Etant intéressé par le cinéma, je me suis dit que la meilleure manière de suivre le cinéma , ses coulisses et tout ça, c’était de participer à un festival comme bénévole. En plus ça permet de voir des films pendant les temps libres. C’est la raison pour laquelle je me suis proposé comme bénévole dans différents festivals : celui de Villefranche sur Saône comme juré , du film d’animation d’Annecy… et donc ici à Lussas.

Tu fais régulièrement des activités liées au cinéma ?

Oui, si on peut dire. Je fais partie d’un club vidéo. Depuis un an je suis responsable de la section video du club qui réunit des adhérents de la photo et de la vidéo. On a des ateliers pour apprendre la technique pour faire des films de mariage, de vacances, etc. Nous avons également écrit et réalisé des films de fiction dont certains ont été présentés à des festivals de films vidéos.
Pourquoi avoir choisi Lussas pour le bénévolat ?
J’ai choisi Lussas pour l’avoir découvert sur internet. Il y a deux mois je ne connaissais pas encore. J’ai vu que les missions proposées correspondaient à ce que j’avais envie de faire, notamment en accueil salle.
Comment tu as vécu ce festival, en tant que bénévole ?

J’ai trouvé que c’était une très bonne aventure. Elle a été facilitée par le bon esprit d’équipe notamment celle où j’étais à l’accueil salle, chargée d’accueillir le public à l’entrée des salles, de le contrôler et de s’assurer du bon déroulement de la projection et de l’état de la salle avant et après projection. La bonne cohésion d’équipe est fondamentale, et ça a été le cas. J’avais déjà fait du contrôle d’accès au festival d’animation d’Annecy, et ça m’a permis de suivre l’aventure de Lussas sans trop d’appréhension.
Je me permets aussi de rajouter une remarque : dans mon équipe à part moi il n’y avait que des jeunes bénévoles. Et le fait qu’il y ait un retraité dans l’équipe n’a pas nui du tout à la cohésion de l’équipe. Nous étions tous en quelque sorte des collègues de travail. Dans l’ensemble, je ne sais pas comment on peut qualifier ça, si on peut parler d’ « intégration », mais je pense avoir été accepté. . D’autant plus qu’au début j’avais peut être un petit sentiment de mal à l’aise, mais très vite dissipé, parce que pris par le jeu et on oublie tout ça. Et le dernier jour j’ai pu discuter avec une bénévole de ma génération qui était dans la même situation que la mienne, à savoir dans une équipe de bénévoles de 20-25 ans. Mais ce qui est important dans un festival comme celui-ci, c’est qu’il n’y pas de sélectivité pour accepter les bénévoles, c’est ouvert à tout le monde, chacun peut apporter ses services, ses motivations, et c’est pour cela que tout s’est bien passé.

Tu as senti des différences avec le festival d’Annecy ?

La différence première c’est que le festival de Lussas est beaucoup plus intensif. Pas forcément en volume d’activité mais en temps de présence. La répartition des bénévoles s’est faite sur les séances [matin/après-midi/soir], parfois trois par jour, sans connaissance de leur durée. Je pense en particulier à la journée de la SCAM de jeudi par exemple (sourire), journée professionnelle avec la présence de responsables de cette société ainsi que des réalisateurs concernés par l’attribution de bourses pour l’écriture de films documentaires. Une journée de onze heures trente, pas forcément de « travail », je pense à ce qui relève de la régie par exemple qui nous permet d’assister aussi aux films, mais de présence. De la tension néanmoins, car avec une salle pleine avec 300 personnes il y avait un certain travail de gestion et d’attention pour veiller à ce que tout se passe très bien. Ce qui a été le cas au final.

Comment tu résumerais ton rapport au public à travers ton bénévolat ?

On ne peut pas dire que j’ai vraiment noué des contacts car quand on est en poste, on est pris par l’activité. J’ai pu néanmoins discuter avec certains festivaliers. Autrement je me fie au sentiment collectif, à savoir que la plupart des festivaliers ont été ravis du festival. Je n’ai pas eu de contacts autant que je l’aurais espéré. Il est certain que si j’étais venu uniquement en tant que festivalier cela m’aurait donné plus de temps pour côtoyer plus souvent des gens et pour que les contacts s’établissent plus facilement. J’ai néanmoins eu quelques bons échanges intéressants sur le déroulement du festival.

Qu’as-tu pensé de la programmation ? Des films t ont-ils marqué ?

J’ai été un peu déçu de la sélection d’un certain nombre de films. Certains avaient un fil conducteur commun à tous les films. A savoir que beaucoup étaient basés sur l’interview de personnes, en lien avec des thèmes donnés. Par exemple sur la vie de famille d’un village. L’histoire était racontée par les gens, souvent doublée en français car les dialogues étaient en version originale, et parfois c’était long à suivre. Certains documentaires duraient une heure et demi- deux heures et à mon avis on aurait pu réduire. Ceci étant, j’ai peu de connaissances sur le cinéma documentaire et il y a peut-être des règles qui lui sont propres que j’appréhende mal.
Il y a deux longs métrages que j’ai bien appréciés : celui sur le parcours de la jeune religieuse orthodoxe, et le film sur l’accident d’avion à Jaujac [Christine Marrou, Surgi de la brume dans un rugissement strident], bien qu’on sentait un peu que c’est un film de famille : je me suis dit est ce que c’est un film qui peut intéresser un public plus élargi ? Une chose qui m’a bien plu également: la participation à un atelier sur la manière de créer un film documentaire et d’associer un compositeur de musique au réalisateur pour proposer une musique qui aille avec le film. C’était en l’occurrence encore en projet, à savoir un film sur les goélands qui envahissent la ville de Porto. Le but du film étant de faire un parallélisme entre l’action de l’homme et du goéland, et de questionner un peu sur qui va l’emporter. Et puis les films baltes, qui faisaient ressortir de très bons témoignages sur l’histoire de l’union soviétique à l’époque, puisque les pays baltes en faisaient alors partie. C’était presque un cours d’histoire . La programmation a permis de voir des documentaires qu’on n’aurait pas l’occasion de voir autrement, puisque seuls des festivals comme celui de Lussas permet de les montrer.
Par contre d’autres films étaient longs, et très souvent on raconte en beaucoup de temps ce qu’on pourrait raconter en moins de temps. Globalement je garde néanmoins un très bon souvenir de la filmographie retenue mais je peux difficilement avoir une impression précise puisque je n’ai vu que quelques films.
Au final, le bilan de l’aventure Lussas 2012 est très positif.

 

3) Entretien filmé avec François et Marina

François et Marina, tous deux étudiants, enchaînent sur un Master cinéma dans deux universités parisiennes.

Comme précisé plus haut, la webcam n’est pas l’idéal pour enregistrer des échanges dans un lieu bruyant. Nous sommes en effet dans un bar (fort sympathique) de Lussas, et beaucoup de personnes sont encore dans le village, au lendemain d’une fête (et gueule de bois) très partagée. J’ai mis quelques sous-titres parfois (promis je ferai mieux une prochaine fois !). La bonne nouvelle est qu’ayant compris comment poster des videos sur you tube, je me ferai un grand plaisir ces prochains mois d’y mettre quelques films rarement diffusés et difficilement accessibles, que j’ai déjà évoqué ou qu’il me brûle de le faire. En remerciant François et Marina pour leurs contributions, qui ne visent pas à juger les oeuvres mais témoignent plutôt des débats qu’elles peuvent soulever, voici l’entretien de 38 minutes en quatre parties :

1 – Comment tu as découvert Lussas ? / Qu’est ce qui t’as motivé à venir comme bénévole ? / Une bonne expérience ce bénévolat ?

2 – Qu’as tu pensé de cette programmation 2012 ? / Des films t’ont marqué particulièrement ? / Marina, bénévole dans la même équipe, se joint à la discussion. On cause un peu « travail ».

3 – Retour sur des films de Dieutre Ben RussellPériotLisboa 

4 – De « l’art concept » au cinéma « militant » ou engagé. D’un extrême à l’autre ? / Lussas 2012 fut inauguré par un court de Chris Marker, Tango   La discussion se termine sur lui… puis La place Tahrir… Et tout ça.

La Place Tahrir – Stefano Savona – 2011 – Bande annonce :

 

 

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