Stéphane Begoin – Les steppes paléolithiques d’Havrincourt (2011) / Archéologie préventive

Stéphane Begoin – Les steppes paléolitiques d’Havrincourt – 2011 – 9 mn

« À Havrincourt, dans le Nord, les fouilles entreprises sur le tracé du futur canal Seine-Nord Europe vont révéler une période méconnue de l’histoire régionale. Une première tranchée profonde donne des résultats encourageants et la découverte de silex éveille la curiosité des chercheurs. Après plusieurs semaines de fouilles, les archéologues mettent en évidence la présence de Néandertaliens dans la région, il y a 55 000 ans. »

 

Produit par l’Inrap et Gedeon programmes, un petit documentaire aussi court qu’intéressant. Dernièrement il a été question, dans les documentaires relayés sur le blog, de l’Homme de Neandertal, notamment ICI. Une fois de plus nous apprenons que des nuances sont de mises dans notre conception de cette espèce Homo. Elles contrastent avec les visions stéréotypées, notamment celles transmises dans les films (c’est aussi un archéozoologue qui le rappelle fort justement à un moment du film !). Ainsi les néandertaliens n’ont pas été caractérisés que par des adaptations au grand froid en Europe, chassant les mammouths. Ils ont aussi vécu en paysages de steppes, soit dans des périodes climatiques plus tempérées. En plus de nous confronter aux données archéologiques et de mieux appréhender la Préhistoire qui reste somme toute fort méconnue du grand public et des médias (mis à part dans ses grands effets), le cinéaste permet aussi de se rendre compte de l’apport important des fouilles archéologiques préventives (qu’on appelait avant « de sauvetage », soit jusque 2001). Elles s’inscrivent souvent dans cette archéologie de l’ombre, éloignée des coups de projecteurs n’exposant que « l’objet-spectacle ».  Or elles permettent de nous rapprocher un peu plus d’un passé fort lointain et si chargé en questionnements, en articulation avec les découvertes « spectacle » qui ne sont que la partie émergée de l’iceberg.

Tiens, cela me rappelle que lors de l’inauguration en grandes pompes du Louvre Lens, de petits tracts circulaient : les archéologues en colère de l’INRAP y rappelaient la mise en péril de l’archéologie et la précarité dans la profession (ah, tous ces « statuts » précaires), pendant que ces messieurs-dames de la haute pavoisaient de La Liberté guidant le peuple (ah, Hollande « expliquant » l’émancipation ouvrière à un ancien mineur  de fond devant le tableau de Delacroix, c’était un sommet…). Un projet « culturel » fort en gueule et en millions, contrastant avec les tristes réalités de l’archéologie (préventive ET autre), comme bien d’autres secteurs de la culture…et de la société ! Soit un argument « culturel » bidon, levier d’intérêts privés, d’UNE culture dominante et de prestige mégalo, au détriment de projets construits avec, pour et par les locaux.

Stéphane Bégoin a réalisé un autre documentaire, à partir de fouilles archéologiques préventives, intitulé L’autoroute à remonter le temps (2007 – 52 mn). Il a notamment obtenu le Prix Archéologia au Festival d’Archéologie de Besançon 2007.  Je soulignais dernièrement que la diversité d’approches était un gage prometteur du documentaire archéologique, afin de sortir des sentiers battus de la production télévisuelle qui tend à la standardisation. Nul doute qu’ici la participation de Gedeon et de l’INRAP à la production (France 5 coproducteur) n’y est pas étrangère. L’INRAP ici, dans un contexte où des sérieux soucis touchent ses (ex)salariés (et étudiants/chercheurs ?) et, donc, l’archéologie, ne se jette pas dans une forme spectacle dénuée de pédagogie. Au contraire il travaille intelligemment à une prise de conscience du public des découvertes permises. Une attitude qui ne peut qu’enrichir les documentaires et apporter, réciproquement, à l’archéologie. Espérons que d’autres films suivent…

Le film est ENTIER SUR DAILYMOTION, EN 3 PARTIES.

Pour le voir, CLIQUER ICI

« La construction de l’autoroute A19 a donné lieu à une aventure archéologique hors du commun : 200 archéologues se succèdent depuis juin 2005 sur ce chantier long de 101 kilomètres qui traverse le Loiret d’Artenay à Courtenay, l’une des régions les plus riches de l’histoire de France. Leurs découvertes racontent la grande aventure des hommes et des femmes qui vécurent ici du Néolithique au XVè siècle au moment où finit la guerre de cent ans. »

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