Pensée à Samuele Bertoni

Nécrologie – 

C’est avec stupeur et grande tristesse que j’ai appris, ce jour, la mort de Samuele Bertoni, qui sévissait à coups de chroniques ciné, ces deux dernières années, sur le site d’information Lille43000. Disparu dans des conditions tragiques en juin dernier (voir ICI la terrible annonce publiée sur Lille43000), il semblerait que parallèlement ses collègues de l’Ecole Neogonzo de Lille aient effacé les traces de ses sévices cinéphiles. Notamment caractérisées d’impitoyables et brèves impressions sur des films largement véhiculés sur nos écrans ou parfois plus « seconde zone », sans le fard de la cinéphilie « critique-analytique-pompeuse-pédante-entresoi-subversivobuisness », ses chroniques nous manqueront par leur témoignage d’amour-haine des bobines dégustées (cliquées) durant de longues journées. Un partage des pellicules avalées qui nous manquera beaucoup. Je ne l’ai que peu rencontré ce  Bertoni mais je suis encore marqué d’une de ses longues tirades, entre deux pizzas et vinasse de comptoir, tirant à boulet rouges sur une certaine production cinématographique ayant trait à la mafia italienne et créatrice de mythe-fascination grand spectacle, emplie de potentielle sympathie (cf la saga Coppola, par exemple). L’histoire familiale, du père en particulier, n’était sans doute pas étrangère à son regard sans concessions là-dessus, bien qu’il restait très discret sur ce pan de sa vie (tout comme de sa vie familiale présente).

Un de ses derniers écrits a été publié dans le deuxième numéro du Père Projo, où il est notamment question de la boulimie communicative autour des films (blogs etc) et de la profusion des images. Où et comment regarder, semblait-il alors nous dire  ? De quoi ajouter une dimension tragique à sa récente disparition, comme une prédiction de l’adieu aux images et au monde dont on exégèse plus qu’on agit. La bulle de Cosmopolis de Cronenberg et sa virtualité cauchemar du monde, en quelque sorte, ne serait pas simple divertissement pour salles obscures (quoique le divertissement ait surtout été effectif par les commentaires qu’il a suscité).

Espérons que son décès n’occasionne pas de sombres tentatives de récupération, notamment à travers des hommages-prix posthumes (je renvoie ICI au projet de ses « amis » de l’Ecole Neogonzo lillloise).

Bertoni a quitté notre enfer, mais nul doute que Naked de Mike Leigh l’accompagna jusqu’à son dernier soupir, bien qu’à bout de souffle, en bout de course, dans le dernier tournant …

Publicités

Une réflexion sur “Pensée à Samuele Bertoni

  1. Pingback: Eight men out – John Sayles (1988) | citylightscinema

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s