Union Maids // With babies and banners (USA)

Poursuivant la récente thématique autour du syndicalisme industriel aux USA, et plus particulièrement d’avant la seconde guerre mondiale, je relaie ici deux documentaires ayant trait à des femmes investies dans les luttes, en soutien ou comme syndicalistes. Il s’agit ici, plus spécifiquement, des années 1930 et donc de la période de la Dépression. Tous deux reposent sur des témoignages et des archives.

Seule la troisième vidéo (courte) renvoie à une période plus ancienne, puisqu’elle porte sur un accident ayant eu lieu en 1911 dans une usine textile, et qui a entraîné la mort de nombreuses ouvrières à cause de l’encadrement patronal.

Chanson « Union maid » interprété par Pete Seeger et Arlo Guthrie (paroles de Woody Guthrie) :

 

EN ENTIER – Union maids – Jim Klein, Miles Mogulescu, Julia Reichert – VO – 1976 – 52 mn

« Un documentaire clairvoyant qui examine la montée des mouvements syndicaux à Chicago pendant les années 30, combinant archives et interviews contemporaines avec trois organisatrices de syndicats. Les femmes, deux blanches, une noire, parlent séparément avec clarté et condamnation des conditions de travail pendant la Dépression et le besoin de s’organiser dans des syndicats. Puis entre les gros business et une main-d’œuvre de plus en plus militante, on faisait fréquemment appel à la police pour intervenir brutalement : « Pour nous c’était la lutte des classes » dit une des femmes. Le film utilise bien sa sagesse rétrospective, résistant à la simplification excessive. Les problèmes de préjugés raciaux, les problèmes des femmes syndicalistes militant parmi les hommes, le déclin des syndicats dans le conservatisme, les difficultés actuelles entre le mouvement des femmes de la classe moyenne et de la classe ouvrière – tous ces aspects sont discutés ou touchés. »

 

EN ENTIER – With babies and banners – Lorraine Gray – VO – 1979 – 45 mn

« De décembre 1936 à février 1937 les membres de l’United Auto Workers (UAW) ont organisé une grève Sit-down [soit une occupation – voir wikipedia ICI] à la General Motors, aux usines 1 et 2 dans la ville de Flint, Michigan. Ils ont en fin de compte obtenu la reconnaissance de leur syndicat et l’amélioration des salaires et conditions de travail. Le film raconte l’histoire de la Women’s Emergency Brigade (WEB), composée d’ouvrières de la General Motors et d’épouses d’ouvriers impliqués dans la grève sur le tas, qui a non seulement fourni des services d’assistance mais aussi tenu elle même le piquet de grève. Le documentaire alterne un film d’archives de 1937 avec des entretiens avec les mêmes femmes 40 ans plus tard, toujours actives dans la politique syndicale et toujours en mettant la pression sur l’UAW pour reconnaître les femmes comme leurs égales« .

Dans la note consacrée au documentaire Inheritance (ICI sur le blog), il était question du CIO (créé en 1935) et de sa montée en puissance jusque la deuxième guerre mondiale. Il a notamment contribué à la reconnaissance de l’UAW durant cette grève-occupation à Flint; l’UAW fut par ailleurs un des premiers grands syndicats des CIO et AFL à vouloir et concrétiser une syndicalisation importante d’ouvriers noirs.

 

EXTRAIT – With these hands – Jack Arnold – VO – 1950 

A l’instar de Inheritance qui fut une commande syndicale de l’ACWA en 1964, un autre grand syndicat du textile, également co-fondateur du CIO en 1935, le devança dans la démarche : l’International Ladies Garment Workers Union (ILGWU). L’ILGWU initia dans une usine shirtwaist de New-York en 1909, malgré la perception négative des dirigeants syndicaux masculins quant à leurs capacités d’organisation, une lutte importante entraînant 20 000 grévistes d’où le surnom « the uprising of the 20,000 »; cela attira l’attention sur les conditions de travail des femmes du textile, dont nombreuses étaient immigrées, principalement juives européennes et d’Italie du sud. Toujours à New-York, le syndicat lança une grande grève en 1910, surnommée « The great revolt ».

En 1950, il s’agissait alors de réaliser un film revenant sur l’évolution des conditions de travail des ouvrières du textile, depuis 1910 aux années 1950 où salaires et conditions de travail étaient bien meilleurs grâce aux luttes syndicales. C’est à un certain Jack Arnold que fut confiée cette tâche, soit un cinéaste porté par la suite sur des films de série B, tel le fameux (et excellent) L’homme qui rétrécit (1957). L’extrait ci-dessous évoque le feu à l’usine Triangle Shirtwaist de 1911 qui fit périr 146 ouvrières, pour la plupart immigrées, emprisonnées dans les flammes par la fermeture des portes des étages pour raisons de « sécurité » (vols etc). Plus de 100 000 personnes défilèrent à la marche funèbre des victimes de l’incendie…

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3 réflexions sur “Union Maids // With babies and banners (USA)

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