Sunshine state – John Sayles (2002) // Treme (série TV)

« Mais je fais bien sentir, comme dans LimboLone star et Sunshine state, qu’il y a un lieu très spécifique et vous pouvez extrapoler de ce lieu très spécifique, et voir ce qui arrive à un autre lieu très spécifique; alors vous pouvez avoir cette impression : cela arrive où je vis, ou le comportement humain est quelque chose que je peux reconnaître. L’allégorie signifie juste que cela signifie pour quelque chose de plus grand. La fable signifie que les personnages sont davantage des archétypes. S’ils signifient pour quelque chose d’autre, ils sont aussi une personne, qui est unique et qui vient d’un lieu spécifique ». John Sayles

EXTRAITS – Sunshine state – John Sayles – 2002 – 125 mn – USA

« La Floride, The Sunshine State, attire tous ceux qui cherchent le soleil. Plantation Island, une petite île jusque-là préservée, est la proie de promoteurs immobiliers qui veulent en faire un endroit de villégiature pour gens aisés. Marly y gère un modeste motel. Coincée entre sa vie de famille étouffante et l’échec de son mariage, elle a bien envie de le céder à un investisseur qui veut bâtir un centre commercial. Le nouvel homme de sa vie, Jack, s’est d’ailleurs rendu sur place pour procéder à la transformation de l’île. A quelques kilomètres de là, Desiree est de retour après de longues années. Chassée parce qu’elle était tombée enceinte alors qu’elle n’avait que quinze ans, elle est aujourd’hui mariée. Elle découvre que sa petite ville natale est aussi la cible des bétonneurs. Chacune à leur façon, ces deux femmes vont lutter contre ce qui menace leur univers et leurs racines. »

Extrait de début de film – Promoteur : « la nature en laisse ! » :

Sous-titré :

 

Une fois de plus, comme pour Matewan (ICI) et surtout Lone star (ICI), John Sayles creuse des personnages échappant au survol caricatural, et en relation étroite avec les thématiques du film très travaillées, chargées en complexité et nuances, sans perdre le point de vue (très) critique. De manière générale, le film s’attaque aux changements en cours contaminant les lieux, ainsi le type d’opérations urbanistiques qui se développent via les entreprises et la mise en place de monopoles. En filigrane, sont déclinées la culture managée par le capitalisme, la folklorisation de l’Histoire (ici les pirates boucaniers par exemple, en tant que cliché), la relégation de la mémoire vivante en ghetto, l’expulsion (déguisée) des habitants … et, par ce biais, une certaine homogénéisation des lieux qui ne portent plus rien de leur histoire et de leur mémoire véritables, dans leur diversité. Le film constitue ainsi une grosse réflexion sur la métamorphose du lieu et sa contamination par la modernité entrepreneuriale, notamment dans ses développements touristiques. Les personnages, en fin de compte, par leur intéraction avec le lieu (et ça qui est superbement traité je trouve !), ont une certaine forme d’emprise de ce qu’il devient (ou pas). Sur ce dernier point, est questionné une fois de plus le rapport des personnages avec le passé (familial, historique etc) tout en questionnant les choix individuels vis à vis de celui-ci. Un tableau encore une fois très riche par la diversité des personnages,y compris d’une même communauté et aux choix différents (ainsi les deux afro-américains justifiant des orientations différentes dans leur manière d’impacter sur le lieu : l’un dans une forme d’acceptation-collaboration du devenir entreprise, l’autre en résistance). Le final est par ailleurs tout à fait réussi et lourd de sens … mais je ne spoile pas.  En ce qui me concerne, une claque finale semblable à Lone star, en quelque sorte. Ah, et puis précision intéressante pour les fans de la série Les Sopranos, dont je suis, nous retrouvons dans le film l’actrice Edie Falco !!

Extrait 2 (VOSTFR) :

 

D’une certaine manière, sans vouloir pousser dans la comparaison, je songe à la série T.V américaine Treme de David Simon, l’auteur de The Wire. La série décline une grande diversité de personnages, approfondis et finalement constituant l’élément moteur de la série. Là aussi sont posés les rapports à l’Histoire et la mémoire et la culture et au lieu, tandis qu’il est régulièrement question d’institutions et de business rongeant les réalités historiques et les individus. Il est question également de nombreuses communautés, ainsi que de diverses classes sociales, soit une similitude des univers de Sayles, où est décliné un collectif dans sa diversité. L’importance des personnages comme élément central, sans véritable « action », de dynamique événementielle, ont semble-t-il causé énormément de « tort » à la série en terme d’audimat et de succès populaire. Là encore, on pourrait songer à la filmographie de Sayles qui ne relève pas du succès de divertissement, et dont la sobriété, y compris dans des sujets comme Matewan, contribue à une approche profonde de ses thématiques sans le fard de la cosmétique esthétique et/ou spectaculaire, surtout en ces temps où la catégorie « cinéma indépendant américain » génère de nombreux traitements standardisés. Produits qui malheureusement passent plus facilement l’océan Atlantique pour parvenir sur nos grands écrans, que les réalisations de Sayles… Pour clore quant à Treme, son échec commercial voue la série à s’achever plus rapidement, soit avec une saison ultime réduisant le nombre d’épisodes.

Ci-dessous, trois extraits tirés de Treme qui m’ont particulièrement marqués, précédés d’une citation que je trouve en écho, dans une certaine mesure, au travail de John Sayles, dont le rendu du « melting pot » est très nuancé… et violent, à l’image en tout cas du final de Sunshine State.

« … mais ce qui a marché, c’est l’organisation des citoyens, au jour le jour, à petite échelle. Peu à peu, ils sont revenus dans leurs quartiers détruits, parce qu’ils ne voulaient pas vivre ailleurs et ils se sont cramponnés à leur sens de la communauté, à leurs traditions et à leur passé pour relancer la ville et recomposer son tissu social. (…) Tout ce qui fait la grandeur de cette ville est lié à notre mythologie du melting-pot, à la capacité d’une société à se réinventer en absorbant diverses cultures. A les mélanger pour créer quelque chose de neuf. Pour renaître, La Nouvelle-Orléans s’est appuyée sur sa culture, la musique notamment, mais elle n’en a pas fait un musée, les traditions changent et se transforment, des nouveaux groupes sociaux viennent enrichir le mélange sans que le passé se dérobe pour autant. La Nouvelle-Orléans est bien plus liée à son histoire que ne l’est l’Amérique en général. » David Simon 

 

Maintenant que j’ai pu glissé au moins une fois sur son blog un (modeste) relais de Treme, sans me risquer à une revue écrite de cette série (et de sa précédente The wire), je reviens à John Sayles. Comme pour Lone Star, je me suis exercé à la traduction de larges extraits d’interview de Sayles, sauf que cette fois-ci j’en glisse deux. Bien entendu, il y a quelques approximations de traduction de ma part…

1) Interview avec Anthony Arnove

Sayles et la productrice Maggie Renzi (une collaboratrice régulière de sa filmographie), sont interviwées par Anthony Arnove. Ce dernier a co-écrit, aux côtés d’Howard Zinn (l’auteur d’Une histoire populaire des Etats-Unis, de 1492 à nos jours), Voices of a people’s history of the United States (2004). L’intérêt de Grove pour la réalisation présente, et, sans doute, pour les nombreuses thématiques développées par le cinéma de Sayles, à travers des personnages profonds contribuant à une complexification de l’Histoire, n’est pas une simple coïncidence. Une autre histoire des USA et de ses développements présents est en question …

Interview originale en anglais accessible ICI. 

« Anthony Arnove : Qu’est-ce qui vous a donné l’idée pour Sunshine state ?

John Sayles : j‘avais commencé à planifier de réaliser un ensemble de films en Floride. J’étais en reconnaissance à la Côte du Golfe de la Floride, cherchant des endroits pour un film basé sur une nouvelle que j’avais écrite il y a quelques années, à propos de chasseurs de trésor. Et je n’ai pas pu trouvé la Floride dont je m’étais souvenu, bien que cela faisait seulement 12 ans depuis le dernier été où j’étais allé là-bas. J’ai été stupéfié de voir combien la Floride avait changé. Le tourisme démodé, de mauvais goût venait de disparaître et avait été remplacé par le tourisme d’entreprise. Toutes les petites villes de la Floride avaient maintenant 7-11s, Dennys, et d’autres chaînes comme ça. L’essentiel de la Côte du Golfe a été couverte de villages d’appartements en copropriété et d’enclaves résidentielles protégées.

J’ai commencé à réfléchir sur ce que ces changements signifient pour une communauté et j’ai commencé à réfléchir à la Floride dont je me rappelais. En cherchant par le biais du guide Lonely Planet pour la Floride, je suis tombé par hasard sur l’histoire de la Plage Américaine sur Amelia Island, au nord de Jacksonville. C’était une plage noire qui a commencé dans les années 1930 et c’était un endroit où les noirs pouvaient sans avoir affaire à la ségrégation. J’avais entendu parlé de la Plage Américaine auparavant et je connaissais des personnes dont les parents et les grands-parents se rendaient là. Donc je l’ai visité et il m’a donné l’impression d’un superbe élément central pour une histoire. Le film raconte un certain nombre d’histoires de personnes, en parallèle et en croisement l’une par rapport à l’autre, un peu comme mon film City hope en quelque sorte. Nous avons travaillé avec des personnes merveilleuses sur ce projet, comprenant Angela Bassett, Edie Falco des Soprano’s, Mary Steenburgen, Miguel Ferrer, Timothy Hutton, et Jane Alexander.

Extrait 3 :

 

Maggie Renzi : Sunshine state est l’histoire de ces deux femmes, chacune d’entre elle fille dans une famille différente, qui refuse de quitter leur communauté. C’est à propos de Mary Steenburgen et sa lutte pour garder la foi, et de son mariage. Les personnages sont immédiatement attachants. Vous avez ce grand ensemble de personnes dans cette collectivité et vous vous souciez d’eux. Vous vous souciez vraiment de si Edie Falco et Tim Hutton resteront ensemble. Votre attachement n’est pas pour l’histoire, mais pour les personnes.

A.A : Voyez-vous le film comme un commentaire sur les changements qui arrivent ailleurs aux États-Unis ?

J.S : Absolument. Parce que la Floride a toujours été au sommet pour les usurpations, beaucoup de choses sont arrivées là en premier. C’est un état avec nombreuses personnes qui viennent d’autres endroits. Donc les racines communautaires ne viennent pas de très profondément dans quelques cas, tandis que dans d’autres cas elles viennent de très loin.
Pour moi, la Floride a toujours représenté le triomphe de publicité, faisant croire aux gens en quelque chose avant même qu’ils ne l’aient vu. La densité de population de Floride était relativement basse jusqu’à ce que des gens aient commencé la publicité immobilière là. Des gens ont acheté des terrains qui n’existaient pas encore. C’était littéralement de l’eau qui a été draguée en utilisant l’argent des personnes envoyé pour acheter des parcelles de terre.

A.A : Faites-vous également un commentaire sur les influences des entreprises dans la culture, avec la concentration importante des grands médias ?

J.S : Bien sûr. Vous voyez davantage d’homogénéisation et d’influence d’entreprise dans chaque activité – particulièrement dans le divertissement. La diversité est défiée par la concentration de ces conglomérats internationaux.

J’ai expérimenté cela comme auteur de roman. Il y a de moins en moins de maisons d’édition où vous pouvez publier votre travail. Les personnes que je connais dans la télévision disent qu’il y a  seulement cinq endroits où vous pouvez maintenant vendre votre travail, et finalement vous travaillez pour Rupert Murdoch. Vous voyez cela aussi avec les médias d’information, où il y a de moins en moins de chaînes de journaux. A la radio, des grosses sociétés ont accaparé d’énormes réseaux. Cette consolidation est connectée à la dérégulation qui est arrivée sous les présidents Reagan et Bush, et qui s’est poursuivie. 

Dans l’industrie cinématographique, le film indépendant existe toujours . Vous avez toujours quelques cinés indés. Mais tout l’argent est fait dans les chaînes de cinémas et les grands studios. C’est peu comme possession trois petits restaurants dans une communauté contre une possession de McDonalds. Mais il est arrivé que des films indés aient fait une percée dans le marché qui a déjà été établi.

A.A : Quelle est ta philosophie de collaboration ?

M.G : Mon travail est de servir la vision de John, de trouver ce qu’il veut et d’essayer que ça arrive. Mais au fil des ans s’est développée une deuxième obligation : rendre l’expérience de travail sur le film la meilleure possible – pour moi, les personnes y travaillant et John. C’est un aspect que tant de personnes, surtout les producteurs, ne prennent pas en compte. S’ils le font, alors je ne comprend pas pourquoi il y a tant d’histoires horribles sur le travail dans l’industrie cinématographique. Ça a été si enrichissant de rencontrer les personnes qui ont travaillé avec nous sur les films au fil des années. Elles parlent si tendrement du travail avec John. 

(…)

A.A : Avez-vous des autres projets qui ont été mis sur l’étagère avec l’espoir de les filmer ?

J.S : En plus du film écossais, j’ai une épopée que j’ai écrite sur l’insurrection des Philippines qui a attendu pendant plusieurs années [ça sera le film Amigo, réalisé en 2010]. L’insurrection des Philippines était le premier Viêtnam américain. C’est arrivé au tournant du siècle, directement après la guerre hispano-américaine. Les Philippins avaient combattu les espagnols pendant de nombreuses années et ensuite les Américains sont entrés en ligne de compte. Dans une bataille presque simulée, les espagnols cédaient aux États-Unis, parce qu’ils avaient peur du peuple philippin, qu’ils avaient abusé et torturé littéralement depuis de nombreuses années. Et les États-Unis ne partaient pas. 

Le film se concentre sur un groupe de soldats américains noirs qui rejoignent l’armée, pensant que ça pourrait aider à faire avancer le sort de leur race. Et pendant qu’ils se battent dans les Philippines, étant appelés « nègre » par leurs commandants et par d’autres soldats, les noirs restés à la maison voient le repositionnement des libertés qui ont été gagnées pendant la période de Reconstruction. La plupart des lois de ségrégation, l’ascension de Jim Crow surviennent dans cette période 1880-1900. Ainsi eux sont censés se battre pour la liberté, et à la maison ils perdent la plupart de leurs droits.

A.A : Craignez-vous que des films comme les vôtres, lesquels sont constitués de scénarios ambiguës et complexes – et souvent politiques -, soient plus difficiles à réaliser dans l’environnement actuel, avec Hollywood faisant flotter consciemment le drapeau ?

J.S : Ceci a toujours été en question. En termes de culture populaire, ce que les films font probablement le mieux est de simplifier les choses, de faire des choses héroïques. Dans les films, si souvent, la réalité est polarisée. Vous avez les bons et les mauvais. Il y avait un court âge d’or de l’ambiguïté dans le film lors des années 1960 et 1970, mais ensuite avec les années 1980, nous avons eu tous ces films dans le moule d’Arnold Schwarzenegger. Le bon n’est pas juste bon, il est surhumain. Le mauvais doit être un archi méchant et il n’y a aucun entre deux. La plupart des studios essayent de deviner ce que les gens veulent voir, et pensent que s’ils font quelques films cocardiers, ils auront du succès. »

 

2) Interview pour Indiewire (originale ICI)

Indiewire : Hier et aujourd’hui, je pense que vous êtes un des rares cinéastes qui traitent des questions de classe en Amérique. Pouvez-vous en parler ?

John Sayles : Les Anglais sont hantés par la classe. Mais aux États-Unis, parce que nous sommes socialement plus mobiles, et que l’argent vous déplace vers le haut de la classe plus rapidement que cela ne se fait en Grande-Bretagne, les gens pensent que ce n’est pas si réel. Cependant, il y a toujours la classe d’une manière énorme, et il lui arrive d’être d’une très grande démarcation. C’est une chose rarement traitée dans les films américains. Il y a ce livre Fear of falling, et sa thèse est que nous voulons tous nous penser comme classe moyenne et rien de plus bas. Il y a cette grande crainte de chute au-dessous et si vous avez peur de tomber, vous êtes très conscients de classes au-dessous de vous. Donc les Américains sont très conscients des classes, ils n’aiment juste pas y penser.

Il est donc rare de trouver des films qui traitent de l’Histoire comme vous le faites.

La chose qui est difficile à propos nos films c’est que la plupart d’entre eux sont dans la simplification. (…) Mais l’histoire est complexe et ce n’est pas noir et blanc. Il est difficile de trouver une situation où il y a juste des bons et des mauvais. Habituellement, quand l’Histoire est utilisée dans les films américains, ça ressemble à The Patriot [film de Mel Gibson].

(…)

Pouvez-vous parler de ce thème récurrent dans votre travail, de Secaucus 7 à Sunshine state, des personnages qui ont essentiellement eu leurs rêves brisés ?

L’Amérique est un pays basé sur les gagnants et les perdants. Les jeunes enfants dans City hope sont entourés des panneaux publicitaires leur disant qu’ils devraient avoir ces choses, et qu’ils sont un perdant s’ils n’ont pas ces choses. Dans la culture américaine, vous avez là quelqu’un qui est pauvre et qui va être frotté à ça quotidiennement. Qu’est-ce que « Survivor » ? Il y a un gagnant et tous les autres vont être le perdant. Comment vous traitez ça : ce qui ne pourrait même pas sembler être un échec dans une autre culture soit un grand échec ici ?

Il semble que certains de vos films récents se soient trouvés plus allégoriques ou semblables à la fable.

Eh bien, peut-être dans Men with guns parce qu’il n’y a pas de lieu spécifique. Mais je fais bien sentir comme dans Limbo, Lone star et Sunshine state qu’il y a un lieu très spécifique et que vous pouvez extrapoler de ce lieu très spécifique et voir ce qui arrive à un lieu très spécifique et vous pouvez avoir cette impression : cela arrive où je vis, ou le comportement humain est quelque chose que je peux reconnaître. L’allégorie signifie juste que ceci signifie pour quelque chose de plus grand. La fable signifie que les personnages sont plus des archétypes. S’ils signifient pour quelque chose d’autre, ils sont aussi une personne, qui est unique et qui vient d’un lieu spécifique. 

Considérez-vous vos films comme activement politiques ?

Nos films sont politiques en ce qu’ils traitent de comment les gens s’affectent et comment les gouvernements affectent les gens et comment les gens affectent les gouvernements, mais ils ne sont pas idéologiques. Je dirais qu’ils reconnaissent juste qu’il y a de la politique impliquée dans beaucoup de choses. Il y des politiques impliquées dans le sport, cela peut être racial, sexuel ou économique, mais elles sont là , elles sont affectés par l’histoire elles sont changées constamment. » 

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Une réflexion sur “Sunshine state – John Sayles (2002) // Treme (série TV)

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