Les chômeurs (1968) / Early works(1969) – Zelimir Zilnik

My [first] film Rani radovi / Early Works (1969) was attacked by the ideological critics as adhering to anarchist approaches and values. They labeled it anticommunist because they said it was too open to anarchist ideas. At that time anarchism was anathema. Like someone in Rome being accused of anti-Christian tendencies.

Zelimir Zilnik, interview

 

« Depuis le début de sa carrière en 1967, dans ce qui était alors la République fédérative socialiste de Yougoslavie et jusqu’à aujourd’hui, Žilnik a maintenu dans son  œuvre une remarquable continuité artistique, morale  et politique. Il a réalisé près de quatre-vingts films –  courts-métrages, documentaires et fictions – sur des  thèmes aussi divers et engagés que l’idéologie de l’État  socialiste et de l’État libéral-démocratique (Rani Radovi/ Early Works, 1969; Tvrđava Evropa/ Forteresse Europe,  2000), l’oppression politique et le terrorisme (Lijepe žene prolaze kroz grad / Pretty Woman Passing through  the Town, 1985; Öffentliche Hinrichtung, 1974), les communautés d’immigrés en Europe de l’Ouest (Inventur – Metzstrasse 11 (Inventar) / Inventory, 1975), le lien entre crime économique et homophobie dans les sociétés  post-communistes (Marble Ass, 1994). Il a exploré les mouvements révisionnistes marxistes des années  soixante, documenté les manifestations étudiantes de 1968 (Nezaposleni ljudi / June Turmoil, 1968), analysé  les ravages de l’intolérance ethnique en Europe (Stara  mašina / Oldtimer, 1988; Wanderlust, 1998) et disséqué  les notions de nation et citoyenneté héritées de la  construction européenne (Kenedi se zeni / Kennedy rentre à la maison, 2003)… » Astrid Maury (Ciné Club université de Genève)

Zelimir Zilnik dispose d’un site internet ICI (filmographie détaillée avec extraits, articles etc).

 

Les chômeurs – EN ENTIER – VO – Yougoslavie – 1968 – 8 mn 

C’est un court-métrage d’un autre cinéaste important de la Vague noire du cinéma yougoslave (années 60 – et début années 70), notamment évoquée ICI et LA sur le blog à travers des films de Dusan Makavejev et Aleksandar Petrovic. Zilnik a poursuivi sa carrière au-delà de la Vague noire. Cette dernière n’était pas un mouvement cinématographique autoproclamé et aux parti pris définis, tout comme l’actuelle « nouvelle vague roumaine » (ICI sur le blog), par exemple, qui résulte plus d’une catégorisation superficielle journalistique/critique que d’un réel mouvement, au-delà de traits communs et du partage de faibles moyens.

« The film represents a series of portraits and situations people found themselves in after being made redundant during the time of economic reforms which were supposed to establish market economy in Yugoslavia. In the interviews, people speak about their doubts and confusion, because they had been expecting socialism to give them more social security. They criticise the parasitic bureaucracy, they sign in to leave for Germany and work there, since Yugoslavia has signed an agreement on taking over workforce around that time. »

 

Early works (Rani radovi) – EN ENTIER VO sous titrée anglais – 1969 – 67 mn

« Trois hommes et une femme prénommée Yougoslava décident de mettre en pratique les préceptes de Marx. Sillonnant les campagnes, ils partent faire leur révolution, avec l’objectif d’éduquer les masses et de libérer les mœurs  Affichant un ardent esprit d’individualisme anticommuniste, ils se heurtent rapidement à de sourdes résistances et sont arrêtés…
Ce film provocant, associant sexe et politique, renvoie sur le mode allégorique aux manifestations étudiantes de juin 1968 à Belgrade. Žilnik demeure encore aujourd’hui l’une des figures phares du cinéma européen politiquement engagé, développant son travail autour des problématiques sociales de la marginalité et de l’immigration. » Ciné-club université de Genève

Extrait (en VO sous titrée anglais) :

 

A noter qu’un certain Karop Acimovic Godina a contribué à la réalisation de ce film, et dont quelques courts métrage de la même période sont relayés ICI sur le blog.

La même année que la sortie du film, l’appellation « Vague noire » fut employée pour la première fois, dans l’organe de presse de la Ligue Communiste Yougoslave à travers un article intitulé « La vague noire dans notre cinéma » (Vladimir Jovičić dans le quotidien Borba, en août 1969). Le journaliste désignait ainsi les films et cinéastes aux caractères dits polémiques,  critiques et pessimistes (voire nihilistes), auparavant réunis sous le nom de « Nouveau cinéma« ; ils allaient être alors de plus en plus exposés aux pressions, interdictions et autres sanctions, particulièrement dans la période dite de « re-stalinisation » à partir de 1972 (entre autres, officialisation de la censure).

Rani radovi fut en revanche récompensé par l’Ours d’or au festival de Berlin 1969. A noter que le Groupe de Prague, dont sont issus Emir Kusturica et Goran Markovic, et à l’initiative d’un renouveau du cinéma Yougoslave (fin des années 70, début années 80), se développait en partie en référence à la Vague Noire (et à la Nouvelle Vague tchèque). Le cinéaste Makavejev (dont quelques films sont également relayés sur le blog) dit d’eux, dans une interview, qu’ils étaient des « réalisateurs émasculés« , en soulignant là que leur affrontement avec le système était nettement moins direct que ne le fut celui de la Vague Noire. Kusturica a par exemple été influencé par J’ai même rencontré des tziganes heureux d’Aleksandar Petrovic, bien qu’en en transformant progressivement la dimension vers des horizons (quasi uniquement) folkloriques et des stéréotypes, dégagés de la portée politique et d’un ancrage social (à l’inverse de Zelimir Zilnik, un « ancien » de la Vague Noire, qui dans sa récente trilogie Kenedi ICI sur le blog –  aborde la thématique Tzigane sans aucun folklore, et au contraire dans une portée clairement politique et sociale où l’Europe dans son ensemble est d’ailleurs bien égratignée).  Pour conclure cette parenthèse Kusturica, son Papa est en voyage d’affaires reste sans doute pour moi son chef d’oeuvre et le plus proche de la Vague Noire.

Rani Radovi se déroule comme un sombre road movie, à la suite de la décision des quatre jeunes de partir éduquer à la Révolution (la « vraie », contre « la bourgeoisie rouge« ) les masses paysannes et ouvrières. Loin d’être un road movie enchanteur et libérateur, il s’enfonce dans l’horreur. J’en profite pour signaler un autre road movie, si l’on peut dire, de 1965 celui-là, fut décliné pas très loin, du côté de la Tchécoslovaquie, et c’était le génial Les diamants de la nuit de Jan Nemec (un film « lynchéen » avant l’heure dans son interpénétration du rêve et de la réalité, sans frontière et explication narrative classique, tout comme Belle de jour de Bunuel ?).

Extrait de Diamants de la nuit – Jan Nemec (1965) – Tchécoslovaquie :

 

Rani Radovi se situe en 1969, la récente ébullition étudiante à Belgrade (juillet 1968) ainsi que l’invasion des tanks soviétiques à Prague en constituent la contextualisation politique. Les quatre protagonistes prononcent régulièrement à haute voix des citations tirées de de Marx et Engels (on pourrait songer aux étudiants de La chinoise de Godard qui eux récitent des citations de Mao). Leur intention est de réellement mettre en pratique la théorie révolutionnaire. « Early works » en tant que regroupement de premiers textes de Marx et Engels publiés pour la première fois en Yougoslavie en 1953 et ayant influencé le développement du Groupe universitaire Praxis; opposé au stalinisme au début des années 50, le groupe donne lieu à la création des revues Praxis (1960) et Filosophia qui opèrent également des critiques vis à vis de la bureaucratie mise en place en Yougoslavie : soit une remise en cause de la limite des institutions, grossomodo, par le retour à la praxis contre la théorie et la réflexion trop abstraites, coupées des réalités sociales et des besoins sociaux. Il s’agit ainsi d’une praxis révolutionnaire marxiste critiquant le régime pour sa bureaucratie, la fausse autogestion etc tandis que perdurent les aliénations politique et économique. Le groupe Praxis connaît le summum de la répression en 1975, mais dès 1968 et les révoltes estudiantines, le Groupe fait l’objet d’attaques du régime bien que pas vraiment actif concrètement dans les luttes et surtout une influence morale sur ces dernières. Je précise là que Praxis comprenait également de nettes critiques du nationalisme exprimé alors sous différentes formes … Un article revient ICI sur le Groupe.

With the 1968 students riots we witnessed the reinvention of history. The same process was going on in Yugoslavia. I mentioned that in 1965 the secret police was dismantled and its mastermind Ranković removed. This was followed by a really strong proliferation of new energy, connected with the translation and publishing of books and magazines. On the other hand, Tito was a kind of king, he was never criticized publicly and the whole political hierarchy around him wanted the same privileges; they were called the red bourgeois. And so when the riots started, slogans such as ‘Down with the Red Bourgeoisie!’ were used against the political nomenclature. Again this duality persisted; on the one hand the feeling of freedom of expression, and on the other, we had Tito as a dictator and the father figure of the nation. In 1968 he actually came to talk with the students, complaining that he was pressured as well by the apparatchik. Soon afterwards the party was re-organized and the society turned toward re-dogmatization.

Zelimir Zilnik, 2003, interviewé par Marina Gržinić

Par ailleurs des slogans tel que « contre la bourgeoisie rouge« , présents dans le film, sont ceux alors repris par les étudiants contestataires vis à vis du nouvel ordre communiste et ses privilégiés établi à la suite des élans révolutionnaires des années 50. Les révolutionnaires d’hier sont les autoritaires et privilégiés d’aujourd’hui, en instrumentalisant les idéaux officiellement acquis de la veille; d’où également un titre ironique car il renvoie aux prétentions de rupture d’après guerre, via un retour au marxisme, avec le stalinisme. Or, avec la répression de 1968 et la même année les chars soviétiques à Prague, le rapprochement est tentant, malgré l’opposition officielle entre les deux régimes.

Si le contexte et la référence du 1968 de Belgrade sont évidents, les personnages n’en sont pas pour autant toujours épargnés et le film les ironise régulièrement, par les emplois des citations et la certaine emprise d’une forme de dogmatisme, bien qu’en principe non stalinien (des citations-slogans ne sont pas tirés de Marx et Engels). Leur comportement (tel « l’amour libre » et la « révolution sexuelle ») tranche également avec les requis du régime. Les compagnons brûlent leur transport, en guise de renonciation finale, de leur mission désormais échouée et avec laquelle ils sont comme incompatibles. Ça balance parfois entre vision tragique et humour noir, serai-je tenté de dire. Mais je ne m’avance pas trop là-dessus, notamment de par ma grande méconnaissance et de l’ex-Yougoslavie, et du contexte d’alors.

Ci-dessous, une allusion claire à la fraternité fragile du pays entre ses nations et différentes composantes, malgré le credo officiel. Karpo Godina a participé à ce film, or n’oublions pas qu’il a réalisé quelques années plus tard un court métrage assez ironique sur la question, intitulé La litanie des gens heureux et dont voici également un extrait ci-dessous :

Extrait de Rani Radovi :

Traduction anglaise de la VO : « Lenin was right Revolution is maid only by paids revolutionar, we’re diletants ! For us it’s better to do folk dances ! » // groupe chantant : « Kolo,kolo, all around, embroided, sewed, decorated, aromatized,quickly brothers, let’s gather, so we can all play together. Serbian lives by the fireplace, who can not feel your grace ? Montenegrian, little tzar, everybody loves you by far. Quickly brothers, let’s gather, so we can all play together« . // Personnage masculin : « Are you aware, there’s no shiptars here ! » // Yugoslava : « They’re not « Shiptars », you idiot, they’re Albanians ! It’s a fact, these pre-war songs are no good for brotherhood of our nations. » [Le terme « Shiptar » désigne l’Albanais-Kosovar dans une version raciste].

Extrait La litanie des gens heureux (1971) de Karpo Godina :

 

Une séquence est particulièrement terrible où les quatre compagnons se font battre et plongés littéralement les corps dans la boue et la merde par des paysans, dans un village de la campagne yougoslave. D’une grande virulence, ça se termine par le viol de Yugoslava, sans que le cinéaste ne s’attarde à le montrer outre mesure. Muette, cette séquence est vraiment sidérante, d’autant plus qu’elle suit une scène de propagande verbale des quatre compagnons en voiture annonçant le nouveau monde et que paysans et ouvriers sont avec eux et réciproquement …

Extrait :

 

L’approche du politique associée à celle de la sexualité, dans ce film, n’est pas sans rappeler un aspect très régulier du cinéma de Wakamatsu (du peu de films que j’en ai vu). Chez l’un et chez l’autre, la thématique de l’émancipation féminine et de la violence patriarcale persistante s’accompagnent de la désillusion du changement révolutionnaire. Ici, le personnage féminin au nom de Yougoslava (!), qui tente par exemple l’éducation sexuelle des femmes paysannes (telle la contraception), est battu, violé et… tué. A travers elle, c’est la révolution yougoslave qui échoue et perd ses illusions. Tout comme dans certains films de Wakamatsu, la désillusion révolutionnaire passe par un personnage féminin violenté, y compris parfois dans ses propres rangs, et sa trajectoire est associée à celle d’un collectif. C’est en cherchant des éventuels textes ayant établi un lien entre ce film et la filmographie de Wakamtatsu que j’ai découvert un texte fort intéressant de la slovène (artiste, philosophe, théoricienne) Marina Gržinić, intitulé « Ex-Yogoslav Avant-garde film production and its early works seen through biopolitics and necropolitics« . Accessible ICI en anglais, le texte fait donc part d’une comparaison de trajectoire des deux cinéastes, dont voici le passage en question :

Žilnik marks a trajectory that can also be correlated to the esoteric Japanese cult cinema and Koji Wakamatsu, particularly to his Tehshi no kokotsu (The Angelic Orgasm, 1972). For both directors the juxtaposition of images of self-destruction is paired with a radical questioning of basic social concepts such as democracy, truth and deceptions all concerns that become a quintessential motif in their film work. Whereas Wakamatsu’s films are mostly preoccupied with issues of extreme terrorism and sexual anarchy, Žilnik’s interest lies more in investigating the communist pathology and the specific Yugoslav life as a « third way » into socialism (known as self-management), as well as in the cinematic recreation of the infernal conditions of life and lack of freedom. The venture here is not to gamble with the simple crossing of established limits; it does not matter if we are provoked to think about the limits of capitalism (Wakamatsu) or socialism (Žilnik), or to subvert other, still unfamiliar areas of existence. It is much more about highlighting the connection between safeguarding the limits and the disintegration of social, political and ethical domains.

Marina Gržinić

Le film va à l’encontre de l’optimisme officiel de la réussite révolutionnaire, et c’est à ce titre qu’il est amalgamé à tout un corpus de films pessimistes de la Vague Noire. Des films que le pouvoir en place, à terme, ne veut pas montrer car ils correspondraient à l’opposé de la réalité yougoslave. La « re-stalinitisation » (redogmatisation) de la société entreprise par le régime est notamment de plus en plus virulente vis à vis du cinéma (comme pour les autres formes d’expression) et traduit une application particulière de « l’autogestion » officielle; comme pour la terminologie révolutionnaire appropriée par le PRI au Mexique et dégagée finalement de véritable fond est critiquée par Raymundo Gleyzer (voir ICI sur le blog Mexico, la révolution congelée), la Vague Noire yougoslave ne semble pas manquer de films remettant en cause les acquis révolutionnaires officiellement réels dans le pays et à la fois éléments justifiant la continuité du régime représentant de la Révolution. Un cinéma qui ne relaie pas la réalité que le cinéma de la Yougoslavie de Tito est censé relayé, quitte à construire du mythe jusqu’à le rendre « réel » au plus profond des croyances et des individus : je renvoie là en tout cas au propos du très intrigant documentaire Cinema Komunisto – Il était une fois en Yougoslavie, de Mila Turajilic (relayé ICI sur le blog) et qui est souvent référé dans des notes du blog consacrées au cinéma yougoslave, par exemple ICI sur des courts métrages de Karpo Godina.

L’importance donnée à la présence du corps dans le film, et particulièrement celui de Yougoslava, me rappelle la bande annonce percutante d’un film récent. Au titre symptomatique Yugoslavia, how ideology moved our collective body (2013), ce film de la serbe Marta Popivoda semble interroger le corps du « public », du collectif en tant que potentielle lecture de ce qu’il a pensé; voici en tout cas l’extrait du livre  Public Sphere by Performance(Ana Vujanovic, Bojana Cvejic) dans le cadre de recherches associées au projet du film :

…Quel a été le rôle du «public» dans ces moments historiques et contemporains? Même si le public n’a pas été passif et invisible lors de chacun d’entre eux, quels furent sa position et son emprise? Cela a-t-il permis le changement? Quand bien même cela a eu des effets politiques et sociaux, nous sommes enclines à reprendre la question formulée par John Dewey: ce public était-il conscient des conséquences de ses actions?…. Que revendiquions-nous quand, en tant que public, nous nous élevions pour protester? Et dans quelle mesure cela correspond-il à ce que nous avons obtenu en retour, soutenant ou nous opposant à tel ou tel acteur politique sur la scène publique ?… En tant que citoyen/nes, que pouvons-nous faire avec ce que nous savons et avons «entre les mains», ou, dans notre cas, avec notre expertise théorique et pratique dans le champ de la performance?

Yugoslavia, How ideology… semble donc questionner la place de l’idéologie dans les manifestations du corps collectif, et la cinéaste affirme dans un quotidien serbe : « En 1989, comme membre de la dernière génération de Pionniers, j’ai fait le serment de préserver la Fraternité et l’Unité. La même année, Milosevic fait son discours à Gazimestan qui incarne la fin de la Yougoslavie« . La bande annonce ci-dessous débute par la devise de la Yougoslavie à travers un discours de Tito, et finit sur le discours de Milosevic qui se réfère à une bataille du 14ème siècle où les serbes connurent la défaite face aux Ottomans.

Au regard de ce corps collectif vraisemblablement interrogé ci-dessus jusqu’à l’avènement de Milosevic et la fin de la Yougoslavie (je n’ai pas vu le film…), Rani Radovi, dès 1969, en donne un destin des plus sombres à travers Yugoslava la révolutionnaire : battue, plongée dans la merde et la boue, violée, et finalement tuée et brûlée, partie en cendres… Annonce d’un fascisme futur ? Toujours est-il que la formule de Saint Just sur la fin conclue un sort mortifère où le cas d’une Révolution qui s’arrête à mi-chemin dévorera ses enfants (ceux qui s’arrêtent en chemin préparent leur propre tombe). Bien que distant à certains égards, le film de Zilnik ne prend pas à la légère le (nouveau) climat révolutionnaire d’alors.

Pour conclure, un petit mot sur la BO de Rani Radovi s’impose. En référence aux chants russes révolutionnaires, son emploi est ironique. Le morceau final sonne terriblement au regard des images. Et tiens, c’est un morceau révolutionnaire qui fut inséré dans l’Evangile selon Matthieu de Pasolini, ainsi dans le passage du discours de Jésus aux « Pharisiens hypocrites », quelques années avant son Salo …

Extrait Vangelo secondo Matteo (Pasolini) :

 

Fin de Rani radovi :

 

Une séquence de Prométhée de l’île Visevica réalisé en 1964 par le cinéaste croate Vatroslav Mimica (relayé ICI sur le blog) présente une commémoration amère des partisans tombés, avec une musique adaptée du même chant révolutionnaire. Ça couronnait le thème de la désillusion révolutionnaire très présent dans le film.

Extrait de Prométhée de l’ïle de Visevica 

(commémoration de partisans tués)

 

Rani Radovi (Early works) intégral en VO sous titrée anglais :

Publicités

9 réflexions sur “Les chômeurs (1968) / Early works(1969) – Zelimir Zilnik

  1. Pingback: Karpo Acimovic Godina – courts métrages | citylightscinema

  2. Pingback: L’homme n’est pas un oiseau – Dusan Makavejev (1965) | citylightscinema

  3. Pingback: Le radeau de la méduse (Splav meduze) – Karpo Godina (1980) | citylightscinema

  4. Pingback: Rétrospective Karpo Godina au Filmkollectiv de Francfort (30 novembre au 2 décembre 2013) | citylightscinema

  5. Pingback: La vieille école du capitalisme – Zelimir Zilnik (2009) | citylightscinema

  6. Pingback: Quand je serai mort et livide – Zivojin Pavlovic (1967) | citylightscinema

  7. Pingback: Studenski grad (1964) et Izrazito ja (1969) – Jovan Jovanovic | citylightscinema

  8. Pingback: Prométhée de l’île Visevica – Varoslav Mimica (1964) | citylightscinema

  9. Pingback: Courts métrages documentaires à la Neoplanta Film – Zelimir Zilnik (1967-71) | citylightscinema

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s