Survivre à sa vie (théorie et pratique) – Jan Svankmajer (2010)

République tchèque – EN ENTIER – VOSTF – 105 mn

Présentation après projection publique au Forum des images, sur le site Les nuits du chasseur de films, extrait ci-dessous

« L’intégrale Jan Švankmajer a donc débutée hier au Forum des images dans une salle plus que comble où était présentée en avant-première et en présence du réalisateur, une charge féroce contre la psychanalyse, Survivre à sa vie (Théorie et pratique)/Prezít svuj zivot (teorie a praxe)_2010.

Jan Švankmajer a joué courte sa première apparition, préférant avertir fort malicieusement le public qu’outre que son film n’avait rien de particulièrement drôle, il était inutile qu’il se fasse l’écho de son prologue où tout avait déjà été dit.

La déconstruction de la vie d’Eugène, dépressif héros de Survivre à sa vie (Théorie et pratique) peut donc débuter. »


Les conspirateurs du plaisir (Spiklenci slasti) – Jan Svankmajer (1996)

République Tchèque – EN ENTIER – Sans dialogues – 82 mn

 

Présentation sur Angles de vue   
 
« Il s’agit d’une exploration sans parole (le film n’est pas muet puisque les bruits et les musiques sont là) des styles de vie érotique de six personnages, de condition différente, mais vivant tous dans le monde moderne d’après la révolution de velours de 1989. La divulgation au compte goutte de l’intimité la plus profonde de chacun d’eux crée un suspens irrésistible. La quête du plaisir est représentée par une série d’actions concrète qui s’apparentent à un bricolage dont on ne comprend d’abord pas les tenants et les aboutissants. Chacun des personnages est en effet en quête de divers objets matériels qu’il se procure de toutes les manières possibles et qu’il assemble à sa guise. Au terme d’un travail manuel méticuleux, les différents objets se révèlent être des « machine à plaisir » dont l’utilisation, dans un délire surréaliste, traduit l’épaisseur d’une vie intérieure riche en manies et en fantasmes.  Si dans tout cela rien ne transparaît qui soit racontable, c’est parce que justement, pour l’une des rares fois, le langage de l’image est porté à son point culminant, ce qui le rend peu traduisible en mots.

 Cette œuvre évoque pour moi la corruption de la vraie communication entre les êtres que les moyens techniques de la civilisation capitaliste ont induite. Plus que l’illustration de recherches artistiques ou d’une sensibilité surréaliste, ce film met en scène l’extraordinaire gâchis du plaisir humain au sein de la broyeuse machine économique moderne. »