Patrouille à l’est – Amar Laskri (1971)

EN ENTIER – VOSTF – 115 mn

Le film retrace l’histoire d’une patrouille de l’Armée de Libération Nationale, (A.L.N), qui a pour mission de convoyer vers la Tunisie, à travers la zone interdite et la terrible ligne Morice un officier français prisonnier. 
L’histoire se déroule en quatre journées qui «découpent» l’action. Le réalisateur s’attache surtout à rendre manifeste l’insertion du petit groupe de «djoundi» dans le «milieu ». Le film est souvent proche du documentaire: on y voit le travail des paysans et des bergers, la vie quotidienne d’un douar, l’école coranique etc… Le rapport intime des combattants à la société qui les secrète est particulièrement concrétisé dans les séquences de l’accueil à la Mechta où une vieille paysanne les nourrit et les héberge. Il se noue aussi dans ces retours en arrière ou ces inserts qui permettent de situer chacun des partisans dans son histoire et ses relations personnelles. Pris dans leur individualité mais aussi représentatifs de tout un peuple, ces hommes se meuvent au maquis comme des «poissons dans l’eau ». 
A travers la marche de ce groupe de djounoud nous assistons à l’esprit de sacrifice et de combativité de ces hommes issus du peuple.
La patrouille sera décimée, mais un jeune paysan prendra la relève et achèvera la mission.

1974 : Prix du XXème Anniversaire de la Révolution algérienne.

1974 : Primé au Festival de Tachkent et au Festival de Ouagadougou

Benjamin Stora :
« Patrouille à l’est d’Amar Laskri, (1972), Zone interdite d’Ahmed Lallem, (1972) ou l’Opium et le bâton, d’Ahmed Rachedi, sont autant de titres programmes qui, sur le front des images, dessinent le rapport que les autorités algériennes veulent entretenir avec le « peuple en marche ». Le cinéma algérien examine, fouille alors dans le passé proche, mais il n’y a pas d’image première de référence. Tout est reconstruire à partir de rien. Quelque chose relève ici de l’insolence des pionniers, ceux pour qui tout n’est que (re)commencement. »

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