Fantômas – Louis Feuillade (1913)

Trois épisodes EN ENTIER (manquent les  2 et 4 èmes épisodes, soit Juve contre Fantômas et Fantômas contre Fantômas)

CHEF D’OEUVRE !

A noter que Chris Marker s’y réfère dans son film chef d’oeuvre Le joli mai (1962), évoqué en fin de note ICI sur le blog. 

Fantômas, le génie du crime et roi du cambriolage, fait régner la terreur sur Paris. Malgré la surveillance de la police, il vole l’argent et les bijoux de la princesse Danidoff. Peu après, l’inspecteur Juve mène l’enquête sur la disparition de Lord Beltham. Aidé par le journaliste Fandor, il découvre que Lord Beltham est mort et que Lady Beltham est la maîtresse et complice de Fantômas. C’est le début d’une folle aventure policière aux multiples rebondissements… Un des grands classiques du cinéma français muet, tourné dans un Paris aujourd’hui disparu…

 

1 – Fantômas – A l’ombre de la guillotine – 54 mn

Un voleur s’est introduit dans l’hôtel de la princesse Danidoff à Paris. De plus il marque son passage d’une carte de visite signé Fantômas, mais l’inspecteur Juve enquête.

 

3 – Le mort qui tue – 90 mn

Les aventures de Fantômas qui va s’amuser à berner l’inspecteur Juve, cette fois grâce aux empreintes d’un homme qu’il a assassiné, lui arrachant la peau des mains et les recouvrant comme des gants lors de ses méfaits.

 

5 – Le faux magistrat – 70 mn

Encore une victime de l’ignoble Fantomas : le marquis de Tergall. Deguisé en magistrat respectable, Fantomas exerce un odieux chantage sur sa veuve. Fandor le demasque, mais l’autre n’a pas dit son dernier mot !

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Les vampires – Louis Feuillade (1915 – 1916)

EN ENTIER – 10 épisodes

Chef d’oeuvre !

A noter qu’Olivier Assayas y rend hommage à travers son film Irma Vep (1996) et l’excellente Maggie Cheung  :

 

Luc Lagier pour Court-circuit (Arte TV) :

« En août 1915, c’est-à-dire en pleine guerre mondiale, Louis Feuillade vient tout juste d’être démobilisé, il a 42 ans, et déjà plusieurs centaines de films à son actif au moment d’imaginer pour la Gaumont sa célèbre série Les Vampires
Les Vampires : dix moyens métrages, dix films autonomes, pouvant être vus séparément, mais où l’on retrouve systématiquement les mêmes décors, la même atmosphère et les mêmes personnages. 

Il y a tout d’abord Le Grand Vampire, chef des Vampires, une organisation criminelle qui terrorise Paris. 
Il y a également Irma Vep, son assistante, entrée dans l’Histoire du cinéma grâce à son célèbre maillot de soie noir.
L’organisation des Vampires est concurrencée par un autre maître du crime portant le nom de Moreno, lequel tombera bien vite amoureux d’Irma Vep.
Nous avons également Philippe Guérande, journaliste au « Mondial », qui cherche à mettre Les Vampires sous les verrous. Il est aidé en cela par un acolyte du nom de Mazamette.
Voilà pour les personnages principaux. Mais la série peut surtout se résumer par une succession d’actions et de péripéties. Car il se passe beaucoup de choses dans Les Vampires. On se fait kidnapper, et puis on s’évade, on déchiffre des cartes au trésor, ou des codes secrets, on assiste à des séances d’hypnose ou de spiritisme, on vole, on tue, on meurt, et puis on ressuscite… Bref, au fur et à mesure, les personnages sont confrontés à des situations de plus en plus mystérieuses, quasi fantastiques.

Autre récurrence de la série des Vampires et pas des moindres : Paris. Réalisée pendant la guerre, la série de Feuillade souffre à l’époque d’un manque de moyens et d’un manque de main-d’œuvre. Feuillade décide alors de fuir des studios devenus inutilisables pour tourner la majeure partie de ses films en extérieur et donc en décors naturels. Les Vampires propose ainsi une visite d’un Paris «véritable », presque insolite, avec poursuite en voiture dans de vraies rues, et évasions des cambrioleurs sur de vrais toits. 
C’est l’une des forces de la série : proposer aux spectateurs de l’époque une histoire quasi fantastique dans un décor réaliste. 

À quelques très rares exceptions, la mise en scène des Vampires n’est constituée que de plans fixes. Obstinément fixes. Pas de travellings, pas de panoramiques. Les comédiens ne tournent jamais le dos à la caméra, il existe visiblement un quatrième côté, celui de la salle : nous sommes face à une esthétique inspirée du théâtre.

Mais cette simplicité du cadre est illusoire. En effet, dans Les Vampires, l’espace ne cesse de s’ouvrir. Le décor est constitué de portes dérobées, de trappes, de puits, de tableaux truqués. Tout est passage secret, extension, trouée, comme si le cadre recelait toujours une profondeur insoupçonnée et finalement révélée. Les personnages peuvent ainsi s’échapper du cadre à chaque instant, en un tour de magie. Le cadre est fixe, certes, mais l’espace est en fait mouvant, instable et insolite.

Dans le même ordre d’idées, le cadre révèle bien souvent des personnages cachés par exemple derrière les rideaux ou encore dissimulés sous un lit. Ces personnages ne cessent eux-mêmes de se déguiser, de se travestir, de porter des postiches, de revêtir mille identités pour parvenir à manipuler leurs ennemis. Rien n’est jamais acquis dans Les Vampires. Ni l’espace, ni l’identité des personnages. Il faut sans cesse creuser pour découvrir ce qui se cache sous les apparences derrière les masques et derrière les rideaux.

Mouvant, instable, insolite : ces adjectifs s’appliquent également à la narration de chaque épisode des Vampires. Pour comprendre, revenons un instant sur le contexte dans lequel a été tournée la série. La guerre, donc. En 1915, toutes les forces vives de la nation sont au front, et les rares techniciens et acteurs restants peuvent être mobilisés d’un instant à l’autre. Louis Feuillade décide donc d’écrire les scénarios au jour le jour et d’improviser une fois sur le plateau. Il explique chaque scène à ses acteurs, quelques minutes avant le tournage et quand l’un des acteurs part finalement au front, le cinéaste le fait brutalement disparaître de son film. De même, quand Feuillade a une altercation avec son acteur Jean Aymé, qui incarne le Grand Vampire, le réalisateur improvise une scène pour finalement dire à son acteur : « Irma Vep vous a tué, votre rôle est terminé ». 

Cette anecdote résume finalement bien le principe des Vampires. Les schémas narratifs classiques explosent au profit de l’imagination débordante et débridée de l’auteur. Et tant pis pour la cohérence. La narration est donc chaotique, elle avance au coup par coup, dans un fonctionnement marabout bout de ficelle totalement novateur pour l’époque. Comme une profession de foi, Feuillade dira d’ailleurs : « Mon domaine est celui où rien n’est impossible, où l’on fait arriver tout ce qui vous passe par l’esprit ».

Avec de tels partis pris esthétiques et narratifs, la série des Vampires ne pouvait qu’influencer le mouvement surréaliste qui allait naître quelques années plus tard. Les surréalistes verront en effet en Louis Feuillade l’un des précurseurs de l’écriture automatique au cinéma. Visionnaires, Louis Aragon et André Breton iront même jusqu’à déclarer : « c’est dans Les Vampires qu’il faudra chercher la grande réalité de ce siècle ».  »


Le journaliste Philippe Guérande mène une enquête sur « les Vampires », de redoutables malfaiteurs responsables d’innombrables forfaits et toujours impunis. Malgré les efforts de la police, la bande dirigée par la mystérieuse Irma Vep, n’est toujours pas démasquée.

 

Episode 1 – La tête coupée – 30 mn

 

Episode 2 – La bague qui tue – 13 mn

 

Episode 3 – Le cryptogramme – 40 mn

 

Episode 4 – Le spectre – 30 mn

 

Episode 5 – L’évasion du mort – 35 mn

 

Episode 6 – Les yeux qui fascinent – 53 mn

 

Episode 7 – Satanas – 42 mn

 

Episode 8 – Le maître de la foudre – 50 mn

 

Episode 9 – L’homme des poisons – 48 mn

 

Episode 10 – Les noces sanglantes – 32 mn