Ceux qui marchent contre le vent – Bastien Simon (2011)

FRANCE – EN ENTIER – 10 mn

Court métrage du lorrain Bastien Simon. Découvert lors de l’édition 2011 du Festival international du court métrage de Lille, et ravi aussi d’avoir pu discuter un peu avec ce jeune cinéaste (quant à la diffusion du film), j’encourage fortement à le voir. Apparement à part les festivals et internet, aucune diffusion publique n’a été organisée, dans des lieux et publics en lien par exemple avec la thématique du film. 

« Ceux qui marchent contre le vent, ce sont eux, ceux de la rue. Les textes adaptés sont tirés des livres, La douceur dans l’abîme, vies et paroles de sans-abri de François Bon, Conte d’asphalte d’Anne Calife, Le sang nouveau est arrivé de Patrick Declerck« .

Les écrits de Declerck sont particulièrement incontournables quant aux « sdf » : Les naufragés surtout, mais aussi le brûlot Le sang nouveau est arrivé. En 2011, Bastien Simon n’avait toujours pas pu rencontré Declerck. 

La mise en scène et les choix de lieux de tournage du film sont très réussis et travaillés, en plus des textes choisis, sans tomber dans le misérabilisme. On peut bien entendu renvoyer également au très grand film de Varda qui aborda une thématique proche à travers le film : Sans toit ni loi (ICI SUR LE BLOG), avec cette jeune femme qui quelques années après Cléo (du film Cléo de 5 à 7) marche, aussi, vers la mort. 

Blog du cinéaste : « Jeune réalisateur de fictions et de vidéos qui travaille sur l’idée d’adaptation littéraire de récits de marginaux. Qu’ils soient fous, écrivains vieillissants ou sans-abri ils sont tous en ‘marge’ de la société. Ce non-conformisme volontaire ou imposé les place en dehors de toutes normes.

Il tente d’attirer le regard sur ce qu’on ne voit pas ou sur ce qu’on ne veut tout simplement pas voir.
Ses films poétiques, politiques et sociaux rassemblent des vérités et des paroles crues.
« ça pourrait très bien nous arriver du jour au lendemain. Être et ne plus rien avoir. »
A côté de son travail de réalisateur de fiction il rencontre et recueille des paroles d’hommes et de femmes (Paul, sans abri de Karlsruhe) mais aussi de grands voyageurs (Antoine de Maximy, J’irai dormir chez vous). Il décide en 2008 de partir en canoë de Thionville à Koblenz, en Allemagne avec deux camarades. Sur 264km à la rame et dans le froid ils vont se confronter physiquement et mentalement à la nature (Parenthèse, 2008).
Bastien Simon expose ce que la société tente d’exclure, c’est à dire ceux qui ne font pas, ne parlent pas et ne sont pas comme « tout le monde »… »
La traversée du temps (2007), dont les textes sont tirés du livre de François La douceur dans l’abîme, vies et paroles de sans abri :