Amos Poe – The foreigner (1978)

USA – EN ENTIER – VO non sous titrée – 91 mn

Amos Poe a déjà été évoqué ICI sur le blog, notamment à travers son excellent The Blank generation (1976)

« Un film où il est question d’un Européen qui arrive à New York, plus précisément de Max Menace (Eric Mitchell), un terroriste allemand qui cherche un endroit où se cacher. Mais on ne peut pas se cacher dans la jungle ! Il est terrorisé et anéanti. C’est l’histoire du revers du rêve américain, l’étranger qui ne réussit pas. Un film cauchemardesque dans un contexte philosophique existentiel, un monde où moins est plus. » Amos Poe

The blank generation – Amos Poe (1976) (No Wave Cinema)

USA – quasiment  EN ENTIER (manque une deuxième partie sur you tube) 

Présentation d’Amos Poe sur la Cinémathèque française :

Amos Poe apprend le cinéma seul et survit au moyen de différents petits boulots, de concierge à assistant de production. Il apparaît comme l’un des chefs de file de la New Wave cinématographique américaine. Il est l’un des rares indépendants dont les productions soient montrées régulièrement dans divers festivals européens. Toujours dans l’air du temps, il s’intéresse dans les années 1970 aux stars du punk rock (Patti Smith, Blondie, Talking Heads, The Ramones…). Il les filme pendant leurs concerts, dans des soirées off, avec pour seul bande son leur propre musique. Blank generation (1976), montré principalement dans les clubs, rapporte ainsi 72 000 dollars à Poe, alors que son budget était de 1000 dollars. Le réalisateur tourne ensuite sa première fiction : The Foreigner (1978), film culte mettant en scène Deborah Harry (Debbie Harry du groupe Blondie) et les membres du groupe The Cramps composant une « secte punk ».Unmades beds (1977), un remake new-yorkais du film de Godard, A bout de souffle (1959). On y retrouve des personnages aux caractéristiques spécifiques à l’univers de Poe : le héros sans désir porteur de sa propre mort, la femme ambiguë à la fois dominatrice et empathique, et les punks drogués et désabusés. Dans Subway riders (1981), une balade dans un New York psychotique vu à travers le regard d’un saxophoniste schizophrène et assassin (John Lurie), Poe traduit, tel un poète, avec émotion et sensibilité, l’immense vertige d’une génération désabusée. Toutefois, avec Alphabet city (1984), dont l’action se déroule dans un des quartiers les plus chauds de New York, Poe déçoit. Son récit d’un antihéros macho qui entreprend de boxer tous le caïds du coin est jugé conventionnel et inconsistant.Poe est également acteur dans ses propres films (Subway riders, 1981).

 

« Dans Blank Generation, au noir et blanc incandescent, Amos Poe dressait le portrait rock d’une génération de chanteurs speed, junkies de culture et de dope (de Richard Hell aux fureurs de l’après Patti Smith), un portrait qu’il est le seul à avoir su saisir pendant que cette musique vivait encore. Utilisant le désynchronisme radical avec une sauvagerie qui faisait plaisir à voir (sur des images volées par-ci par là, il plaquait carrément le son des singles, des albums, en ne cherchant jamais à ce que ça colle), Poe avait retrouvé les grincements et les ratés d’une génération, la génération blanche, vide, absente. » Louis Skorecki, Libération, 28 février1985

 

« En 1975, la mode c’est Richard Hell, ce sont les débuts du « punk rock » avec des groupes tels que celui de Patti Smith, les Ramones, les Heartbreakers, les Talking Heads, Blondie, etc. Avec un musicien d’origine tchécoslovaque, Ivan Kràl (qui plus tard écrira la musique de ses films), Poe tourna des images muettes de ces groupes pendant leurs concerts dans des clubs, ou pendant des parties de « déconnage » plus ou moins droguées hors scène ; la bande-son se compose d’un collage des disques correspondants. Il y a donc un décalage sensible entre l’image et la bande-son, qui irrite certains spectateurs, et pour d’autres (dont je suis), fait le charme du film, l’exemptant du réalisme de reportage de télévision qui est de règle dans la plupart des films de rock. » Bérénice Reynaud, Cahiers du cinéma n°340, octobre 1982

 

Night lunch – Trailer – 1975 :

« Je possédais une caméra 16mm et je filmais tout le temps des trucs. J’avais toujours ma caméra sur moi partout où j’allais. Comme la pellicule coûtait chère, je faisais des prises courtes. Quand j’ai rencontré Ivan [Ivan Kràl] en 1974, c’était un rocker Glam Rock-Beethoven et nous sortions et filmions des groupes. On a fait Night Lunch, un film d’une demi-heure qui est devenu The Blank Generation. Les deux films sont une vision du rock du début au milieu des années 70, passant d’une forme musicale à une forme artistique. »

 

Bob Dylan’s Love Sick – Video clip :

 

New Order’s « Age of Consent » – Video clip :

 

Amos Poe – Cinematon – Gérard Courant – Muet – 1982 – 4 mn