Pavel Klushantsev – Cinéma de science fiction soviétique

Pavel Klushantsev est un précurseur du cinéma de science fiction soviétique, et fut longtemps indétrônable à ce niveau. C’est ainsi que malgré des reproches faits sur certains de ses films par le pouvoir, il ne fut pas inquiété outre mesure étant donné son savoir faire indéniable. Certains de ses films ont eu une influence sur le cinéma américain (dont 2001 Odyssée de l’espacede Stanley Kubrick), à un moment où l’URSS rivalisait et semblait gagner la « bataille » de l’espace. Grand inventeur, pionnier d’effets spéciaux en plus d’un aspect « scientifique » à des fins de propagande, les films de Pavel Klushantsev valent le grand détour, malgré des films, ici, non sous titrés : vraiment excellents, surtout quand il se met à la fiction, où la dose d’inventivité et de mystère ainsi que l’atmosphère sont étonnantes, et bien entendu des aspects bien kitsch aujourd’hui !  Très intéressant en même temps sur l’époque et les enjeux de l’espace, quand américains et russes étaient au coude à coude, voire avec une avancée de ces derniers en la matière. Le cinéma ici témoigne d’une certaine vitalité en science fiction ! JE RENVOIE A CE TRES BON ARTICLE (dont découle pour l’essentiel cette présente note), concis et intéressant, avec des liens en fin de texte, sur le site Der komissar: « Anthologie du cinéma de science-fiction soviétique (1) : Pavel Klushantsev »

 

En route pour les étoiles (Road to the stars) – 1957 – 50 mn

Début du film en VF (12 mn) :

Résumé :   » Le documentaire débute par un préambule qui se termine avec cette citation de Constantin Tsiolkovski: «La Terre est le berceau de l’humanité mais on ne passe pas sa vie au berceau». Suit une évocation de la vie de Tsiolkovski, qui tout en enseignant à l’école primaire de la dévote ville deKalouga, s’échappait de l’atmosphère confinée de son milieu en faisant des recherches en astronautique. On le voit expliquer les notions de base à ses élèves par le truchement de dialogues conviviaux, de dessins et d’expériences simples qui rendent les raisonnements accessibles aux enfants mis en scène et par conséquent aux spectateurs qui peuvent ainsi tirer profit du cheminement. De la sorte sont présentés la vitesse circulaire, la vitesse de libération, la réaction qui peut permettre d’avancer dans le vide, la nécessité d’inventer un carburant plus performant que la poudre, le schéma de la fusée, etc… Toutes ces études sont détaillées dans un livre de Tsiolkovski publié en 1903: «L’exploration de l’espace cosmique au moyen d’engins à réaction». Malgré le dédain avec lequel ses travaux sont reçus, il continue ses recherches pour trouver le combustible adéquat. Il se rend compte qu’une seule fusée ne peut atteindre la vitesse orbitale qui permet d’échapper à l’attraction terrestre. Il en arrive au train de fusées c’est-à-dire à la fusée à étages qui s’allège au fur et à mesure que ses parties se détachent et qui permet aux segments qui continuent leur course de s’élancer non pas à la vitesse initiale mais à partir de la vitesse déjà atteinte. Ses travaux trouvent des échos dans le monde; par exemple Hermann Oberth lui écrit, Max Valierexpérimente le traîneau fusée, Reinhold Tiling périt dans son laboratoire en faisant des recherches sur les carburants, en 1929 Robert Goddard conçoit une fusée qui s’élève dans le ciel et en 1933, c’est au tour des ingénieurs soviétiques d’expérimenter avec succès leur première fusée. Le 4 octobre 1957, Spoutnik est lancé: l’humanité commence à sortir du berceau. Cette première partie qui prend à peu près la moitié du film se termine par une autre citation de Tsiolkovski: «D’abord il y a la pensée, l’imagination, le conte; ensuite vient le calcul scientifique et pour finir la réalisation couronne la pensée».   Résumé de la seconde partie: projetons-nous dans le futur. Ce sera le premier vol spatial d’essai de quelques heures avec trois hommes, fruit du travail de dizaines de milliers de personnes, d’innombrables centres de recherche, de bureaux d’étude, de laboratoires. C’est le cérémonial du premier lancement: la fusée à plusieurs étages est dressée sur la plateforme mobile qui l’a amenée sur le pas de tir. Puis c’est le compte à rebours, la foule des techniciens, des ingénieurs, des responsables de l’évènement qui assistent au départ et enfin le décollage. Dans l’habitacle de la fusée, les cosmonautes sanglés sur leurs couchettes subissent l’énorme pression des accélérations avant d’être en état d’apesanteur, phénomène expliqué par une animation. C’est la sortie dans l’espace où le premier piéton dans sa tenue hermétique est relié à la fusée par un câble qui ressemble à un cordon ombilical. Ce sont les techniciens qui au sol restent en contact avec ces «fils» de la Terre dont on peut voir, la nuit, le vaisseau qui n’est plus qu’un point lumineux qui file silencieusement dans le ciel étoilé. C’est le retour avec le freinage et la descente en spirale puis l’amerrissage avec la récupération des glorieux voyageurs par une vedette. L’étape suivante est la construction d’une station orbitale où des dizaines de vaisseaux ont amené les matériaux nécessaires à sa réalisation. Elle est divisée en sections séparées par des portes étanches qui isolent la partie détruite en cas de choc avec une météorite. À bord de ce «mécano géant» se trouvent une station météo, un observatoire astronomique, un laboratoire où des physiciens font des expériences, une serre où des biologistes étudient le comportement des plantes. D’autres spécialistes surveillent le déplacement des icebergs, retransmettent des images télévisées, étudient les rayonnements cosmiques, etc… Simultanément une fusée transporte des cosmonautes sur la Lune. Cet astre désert et silencieux est appelé à devenir une base de lancement pour la conquête d’autres planètes du système solaire. En guise d’hommage, le film se termine avec une autre citation de Tsiolkovski: «L’impossible aujourd’hui sera possible demain». »

EN ENTIER – VO non sous titrée 

 

EXTRAITS – La planète des tempêtes (Planeta Bur – Planet of storms) – 1961

Une expédition de cosmonautes soviétiques, formée de trois vaisseaux spatiaux, part pour Venus. A l’approche de la planète l’un des vaisseaux est détruit. L’un des deux autres va atterrir sur Vénus tandis que le dernier, à bord duquel est restée une femme, reste sur orbite et sert de lien entre la planète et la Terre. Deux groupes de cosmonautes atterris à des endroits différents vont à la rencontre l’un de l’autre et font leurs premières découvertes d’inquiétants animaux. Dans l’un des groupes se trouve un étranger et son robot « John ». Survient alors une immense éruption volcanique qui menace de tout bruler…

Une bande annonce américaine :

Extrait en VO sous titrée anglais :

Planeta Bur est sans doute le plus célèbre film et le plus accessible (pas sur la toile ceci dit…) du cinéaste russe. Il a eut aussi beaucoup d’impacts sur le cinéma américain, avec des reprises quasi littérales de ce film, ainsi dans :

Voyage to the Prehistoric Planet – Curtis Harrington (et produit par Roger Corman) – EN ENTIER ci-dessous – VO – 1965 – 73 mn

 

et Voyage to the Planet of Préhistoric Women (Voyage sur la planète des femmes préhistoriques) – Peter Bogdanovich (et produit par Roger Corman) – EN ENTIER ci-dessous – VO – 80 mn – 1968

 

EN ENTIER – Luna (La lune) – VO non sous titrée – 1965

Un film documentaire et scientifique ici, mais certains passages révèlent là encore de l’inventivité, surtout en deuxième partie, où les sous titres ne sont pas indispensables pour cet aspect. 

 

Mars – 1968 – 50 mn

Un rappel historique de la fascination exercée sur les hommes par la planète rouge, ses caractéristiques ainsi que les connaissances théoriques que l’on en avait en 1968 ( dont la probable existence de végétaux, peut-être de vie animale ou de civilisation disparue) et enfin la conquête de la planète par l’union soviétique (en fait d’abord un chien dans la grande tradition russe puis l’homme).

Extrait (rapide) :

 

Un documentaire danois a été réalisé sur Pavel Klushantsev en 2002 : The star dreamer (Le rêveur d’étoiles), de Sonja Vesterholt et Mads Baastrup. Extrait, en VO non sous titrée (10 mn) :

 

Bien entendu Pavel Klushantsev n’est pas le seul représentant de ce cinéma de science fiction soviétique. J’aurai l’occasion d’y revenir sur le blog dans une (ou plusieurs) prochaine note avec liens conséquents. En attendant :

Au devant du rêve (Mechte navstrechu) –  de Mikhail Karzhukov et Otar Koberidze – VO non sous titrée – 1963 – 63 mn

Quand les habitants du système Alpha du Centaure découvrent l’existence de la Terre, ils envoient un astronef habité à notre rencontre. Malheureusement, suite à un incident, leur appareil s’écrase sur Mars. Mis au courant, les Russes décident alors d’envoyer sur la planète une mission de secours à bord de la fusée Océan.