Les petites marguerites – Vera Chytilova (1966)

EN ENTIER – VO sous titrée anglais – 73 mn

CHEF D’OEUVRE !

Bien que ce film soit maintenant facilement trouvable en médiathèque, et constitue le plus célèbre à ce jour de la cinéaste tchèque Vera Chytilova, je profite de sa présence sur you tube pour le poster sur le blog. Un indispensable de la « nouvelle vague » tchèque… Les sous-titres anglais devraient être largement suffisants pour suivre le film. 

 

Culturopoing :

« Interdite de travail pendant huit ans au lendemain du Printemps de Prague, la réalisatrice Vera Chytilová a vu en quelque sorte les ailes de son envol brutalement coupées. Cette figure de la « Nouvelle Vague » tchèque, plus radicale que son confrère Milos Forman, n’avait pas pu se résoudre à l’exil comme l’auteur des Amours d’une Blonde (dont le cinéma était sans doute plus malléable à d’autres systèmes de production). En tenant à garder son intégrité et en ne se donnant pas l’air de fuir les difficultés de son pays, Chytilová a fait passer la dimension politique avant le reste et sacrifié un peu de postérité artistique. Les Petites Marguerites reste néanmoins sans doute son film le plus connu, de par l’aspect décapant qu’il a pu représenter à l’époque que par le mini-culte qui l’entoure. La réalisatrice fait peu cas ici de conventions narratives, mais elle donne pourtant plusieurs strates progressives de lectures à son œuvre. Après un grand éclat anarchiste et libertaire, elle plonge en effet son exercice de déconstruction dans un versant de plus en plus pessimiste et frustrant : les deux héroïnes sombrent progressivement dans un univers désincarné où leurs gestes ont un impact de plus en plus vide : la fuite de l’ennui et de la lassitude se révélant au fond sans issue. Avant de s’achever sur une dernière tentative de reconstruction pathétique qui rend encore peut-être plus dur la critique sociale que tout le vent de folie qui a précédé : mine de rien Chytilová a mis à nu dans cette virée un certain nombre de stigmates sociaux réduits en automatismes. Les deux héroïnes pétillantes ne sont plus dans leur imitation finale de conformisme que des silhouettes de papier quasi robotisées. »