Salut les cubains – Agnès Varda (1963)

EN ENTIER – VF sous titrée espagnol – 27 mn

« Salut les Cubains […] est un hommage à Cuba. J’avais été invitée là-bas par l’ICAIC, l’Institut du cinéma cubain. J’avais emmené un Leica, de la pellicule et un pied car j’avais un projet derrière la tête.
J’ai vraiment trouvé les Cubains extraordinaires et les formes de leur socialisme surprenantes et joyeuses. Ce sont les seuls socialistes latins. Quand je suis à Moscou, je me sens d’une autre race que les Soviétiques, il me faut d’abord comprendre. À Cuba, les choses m’ont été plus faciles, je pouvais me sentir cubaine et ensuite comprendre. Et puis j’ai beaucoup ri. Le folklore de leur révolution, le rythme de la vie, la chaleur…
J’ai ramené 2 500 photos, j’ai mis six mois à en monter 1500, mais j’ai été récompensée : à Cuba, ils disent que c’est un film cubain, qu’il a la « savor ». »
Agnès Varda in « Les Cahiers du Cinéma », n°165, avril 1965.

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PM – Orlando Jimenez Leal, Saba Cabrera (1961)

EN ENTIER – PM (Passé Méridien) – 1961 – 13 mn

Court-métrage tourné par Orlando Jiménez Leal et  Saba Cabrera Infante sur la vie nocturne dans les bars des quartiers populaires de La Havane. Expérimental, inspiré du « Free cinema », le film est censuré, dont le message est jugé contraire à l’esprit de mobilisation révolutionnaire. 

« A la fin des années 1950, Orlando Jiménez Leal se lie d’amitié avec de jeunes créateurs, Plácido González Gómez, Jaime Soriano et Sabá Cabrera Infante, le frère de Guillermo Cabrera Infante. Ensemble, ils réalisent des courts métrages underground, et Orlando Jiménez Leal découvre en leur compagnie le monde de l’art.

La Révolution va créer pour ces jeunes gens un contexte d’autant plus favorable qu’ils avaient souhaité la chute de l’ancien régime. Jiménez Leal en particulier était issu d’une famille et d’un milieu de gauche, et son grand-père paternel, un anarcho-syndicaliste espagnol réfugié à Cuba après la guerre civile, avait eu sur lui une influence décisive. Cependant, la froideur de ses relations avec Julio García Espinosa et Santiago Alvarez, deux hommes qu’il juge sectaires, l’écartent de l’ICAIC et, à la fin de l’année 1959, il rejoint Lunes de Revolución en qualité de photographe, avant d’assumer la direction des programmes télévisés que produit le magazine. Il est alors de plus en plus clair pour lui que deux tendances se dessinent au sein du pouvoir culturel révolutionnaire : la première, qu’il qualifie de stalinienne, est incarnée par l’ICAIC, et l’autre, plus libérale, est représentée par Lunes de Revolución.

En 1961, il met le feu aux poudres en réalisant un court métrage inspiré du free cinema anglais,P.M., une œuvre qui rentre avec fracas dans l’histoire du cinéma cubain. Co-réalisé par Saba Cabrera Infante, ce film documentaire qui montre la vie nocturne des bars du port de La Havane est interdit de diffusion par le directeur de l’ICAIC, Alfredo Guevara, qui le juge anti-révolutionnaire. L’affaire P.M. divise alors ceux qui continuent de soutenir le régime révolutionnaire, et ceux qui estiment que la Révolution s’est trahie et que Cuba est en train de redevenir une dictature

Orlando Jiménez Leal décide de s’exiler quelques mois plus tard, en janvier 1962, et c’est aux Etats-Unis qu’il entame une nouvelle existence et une nouvelle carrière. En 1979, il co-réalise El Súper puis, contrairement à León Ichaso qui intègre l’industrie hollywoodienne, il se spécialise dans le documentaire politique, signant quelques-uns des titres emblématiques du cinéma cubain de l’exil : La Otra Cuba [1984], Mauvaise conduite [1984, en collaboration avec Néstor Almendros] et 8-A [1993].  » Emmanuel Vincenot, Quaina (revue numérique)

Documentaires – Nicolas Guillén Landrian (Cuba)

« J’ai voulu faire un cinéma très subjectif, très personnel et très expérimental » Nicolás Guillén Landrián

Le cinéaste cubain Santiago Alvarez est une référence incontournable du documentaire cubain (voir ICI SUR LE BLOG). D’autres cinéastes, contemporains de ce dernier, sont importants et… méconnus, dont les films sont difficilement trouvables et encore moins projetés. La censure et l’ICAIC (l’institut du cinéma cubain) ont fait du « ménage » et ont relégué aussi ces cinéastes dans l’oubli. A noter que par exemple Landrian sera accusé de comploter pour assassiner Fidel Castro en 1968 et sera ainsi interrogé six mois. Plus tard, dans les années 70, il sera plusieurs fois soumis à des électrochocs sans calmants. Il fuit Cuba en 1989 et s’installe en Floride, où il décède. Le poète Nicolas Guillen était son oncle.

Le cinéaste cubain Jorge Luis Sanchez a publié récemment un ouvrage portant sur le cinéma documentaire cubain, aux éditions ICAIC : Romper la tension del arco : Movimiento cubano de cine documental (2011). Une présentation figure sur le blog du monde. Il évoque notamment deux autres cinéastes du documentaire cubain, les hissant au rang de cinéastes les plus importants : Nicolas Guillén Landrian aux cotés de Santiago Alvarez et, en moindre, Sara Gomez. 

L’occasion donc, ici, de voir quelques documentaires de N.G. Landrian… Une rétrospective lui a d’ailleurs été consacrée lors du cycle de projections organisé en région parisienne courant 2012 : « Eclats et soubresauts d’Amerique Latine »


Un festival – 1963 – 10 mn

Premier film de Guillén Landrian pour les Noticieros ICAIC.  La célébration ici se résume à La Havane des premiers Jeux Universitaires Latino-américains. Sur une musique jazz incessante, sa structure rapporte l’arrivée des délégations, la réception, l’atmosphère de camaraderie dans les hôtels, l’entraînement et la compétition, les mots inauguraux de Raúl Castro, la présence de Fidel dans le public. Quelques traits originaux déjà : absence de narration et d’interviews, et un ton négligent, joueur.

 

Es un barrio viejo – 1963 – 9 mn

Images d’un quartier de la vieille Havane. Mention spéciale au Festival du cinéma de Cracovie 1964.

 

Los del baile – 1965 – 6mn

Danse cubaine.

 

Ociel del toa – 1965 – 16 mn

Vision poétique de la vie le long de la rivière Toa, dans la région de l’Oriente de Cuba.

 

Retornar a baracoa – 1966 – 16 mn

Des transformations dans Baracoa à partir du triomphe de la Révolution. Premier usage de la photo fixe dans son cinéma, procédé dont il fait profusion par la suite, avec la photo-animation et les intertitres. 

 

Reportaje – 1966 – 10 mn

Enterrement symbolique de l’ignorance dans une communauté paysanne de la région de l’Oriente. 

 

Coffea Arabiga – 1968 – 18 mn

Le film est concentré sur l’histoire et le traitement de café, et tient des aspects propagandistes et didactiques. Mais il incorpore la poésie, la musique, l’ironie et des défis rusés aux censeurs, le tout dans un montage dynamique. Un court-métrage « engagé » qui met en lumière l’obsession de Fidel Castro de semer tout autour de La Havane des plants de café « Caturra ». Parce que son film comporte une image de Fidel sur fond musical de « The Fool on the Hill » des Beatles, le réalisateur a été condamné à deux ans de prison. Film censuré. Le seul édité en DVD en France (à ma connaissance), via le DVD Cuba censurée qui regroupe des courts métrages cubains interdits.  

 

Desde La Habana 1969 ! – 1969 – 18 mn

Histoire des luttes révolutionnaires du peuple cubain pour sa libération et son indépendance à partir de l’évocation de la culture du café. Montage frénétique, pour une oeuvre résolument expérimentale. 

 

Taller de linea y 18 – 1971 – 15 mn

Fabrique des omnibus. Pour la première fois, usage d’un narrateur efficient et clair, la voix qui énumère des détails techniques. L’intention est de gêner, d’inquiéter. Guillén Landrián a confessé : « Le documentaire qui provoque mon expulsion de l’industrie n’est pas Coffea Arábiga. C’est Taller de linea y 18« . 

 

Nosotros en el Cuyaguateje – 1972 – 9 mn

Guillén n’est pas tout seul à la réalisation. Reportage sur le fleuve Cuyaguateje, dans la province de Pinar del Río. Parcours le long de la du Cuyaguateje, où une voix off explique le nom de l’affluent, le puisard, la vie et le travail des habitants de la zone.

 

Et pour finir, un documentaire (format DV) qui évoque les conflits de l’artiste Nicolás Guillén Landrian avec son époque (réalisé l’année de sa mort) :

Manuel ZAYAS – Café con leche – 2003 – 30 mn

 

Documentaires – Santiago Alvarez (Cuba)

« Je suis un pur produit du sous-développement accéléré »Santiago Alvarez

Formé aux USA, Santiago Alvarez retourne à Cuba en 1942. Il intègre le parti socialiste cubain où il milite activement pour la destitution de Batista. À la création du premier réseau national de radio-télédiffusion cubain, Santiago Alvarez est appelé à y réaliser des programmes musicaux avant d’être associé à la fondation de l’ICAIC, l’Institut cubain de l’Art et de l’industrie cinématographique où il prend en charge, dès le début des années 60, le département des actualités, le Noticiero. Pour réaliser les bandes d’actualité (il en a fera plus de 70 !), Santiago Alvarez bénéficie des outils disponibles à l’ICAIC, obsolètes pour la plupart, de peu d’archives, et les moyens financiers dont il dispose ne lui permettent pas d’élaborer un réseau de correspondants étrangers ou de former des cinéastes ou des reporters peu nombreux dans le Cuba des années 60. Il se lancera pourtant dans une entreprise qui dépassera largement le cadre du seul Cuba et dont l’ambition était de donner à tous les peuples d’Amérique latine des nouvelles du mouvement de libération qui gagnait alors le monde. Tournant avec des caméras lourdes peu adaptées au reportage, puisant sans vergogne dans les images diffusées par les réseaux d’informations internationaux, photographies de presse, dessins animés ou encore clips hollywoodiens, travaillant la matière même de ces images pour mieux les détourner, collant, superposant, intégrant textes et images graphiques, Santiago Alvarez réinvente le documentaire d’actualité. Nécessairement affranchis des formats et des normes d’usage, souvent trop longs et parfois trop courts, ses films laissent libre cours à l’argument (politique et esthétique) à travers un montage insolite et un usage approprié de la musique.  

Son style épique, énergétique et pamphlétaire a inspiré celui de nombreux cinéastes et collectifs engagés : The Newsreel, Fernando Solanas, Octavio Getino et Cine Liberacion, Chris Marker, Slon et les groupes Medvedkine, Godard et le groupe Dziga Vertov, et dans les années 2000 Travis Wilkerson, auteur d’un précieux portrait de Santiago Alvarez ainsi que d’essais visuels anti-capitalistes (An Injury to One) et anti-impérialistes (Our National Archive). Jean-Luc Godard lui dédie le chapitre 2b des Histoire(s) du cinéma, « Seul le cinéma », en 1997.

 

Now ! – 1965 – 5 mn

« Souvent décrit comme l’un des premiers vidéo-clips, ce court-métrage incendiaire de Santiago Álvarez est uniquement constitué de photographies et de bouts de séquences d’actualité. Tout le génie du montage apparaît dès les premières secondes, dans la manière de lier les images au rythme de la chanson de Lena Horne ».  Éclats et soubresauts d’Amérique latine. 

 

Solidaridad Cuba y Vietnam – 1965 – 10 mn

 

Hasta la victoria sempre – VO –  1967 – 19 mn

Images de la vie de celui qui reste le symbole de l’engagement révolutionnaire : Che Guevara.
« Le montage, tant de l’image que de la bande-son, naît de l’urgence quotidienne du travail, naît de l’instinct d’attraper la réalité telle qu’on la comprend, et non telle qu’on la voit, de la nécessité de synthèse. »

 

Hanoi Martes 13 – 1967 – 38 mn 

La vie et la résistance des Vietnamiens sous les bombardements américains. Texte de José Marti.

 

La guerre oubliée – 1967 – 19 mn

Lutte de libération du peuple du Laos.

 

LBJ – 1968 – 18 mn

Lyndon B. Johnson, politiques des années 60.

 

79 Primaveras – 1969 – 24 mn

Retour sur Ho Chi Minh, mort récemment. 

 

El tigre salto mato pero morira… morira – 1973 – 16 mn

Témoignage de la lutte du peuple chilien au travers de la figure du chanteur Victor Jara, brutalement assassiné par la junte fasciste.

 

Nuevo Tango – 1973 – 25 mn

Année 1973 : l’Argentine vit le retour de la démocratie, suite au succès du Dr. Hector Cámpora aux élections. 

 

La guerra necesaria – V0 – En entier (en 4 parties) – 1980 – 110 mn

 

 

Le film La mémoire cubaine revient sur Santiago Alvarez et les noticieros ICAIC. Réalisé par la cubaine Alice de Andrade, ce film permet de redonner toute l’importance des noticieros, à travers la figure d’Alvarez : en trente ans, plus d’un millier de noticieros furent tournés à travers le monde par des équipes de cinéma cubaines. Tous les foyers de luttes de libération de la planète furent couverts par ces « actualités ». Alice de Andrade : « La production en film ne permettant pas de toucher le spectateur dans l´immédiateté des informations, les Noticieros ont dû relever le défi et devenir des œuvres à part entière, avec des propositions idéologiques et stylistiques, dotés d´une durée de vie plus importante et d´objectifs plus ambitieux » Pour Alice de Andrade, cette collection de 1493 films « est un trésor merveilleux. Il a fallu 30 ans pour la créer, il en faudra au moins 10 pour la sauver(…). Restaurés ou en copies d´origine – parfois miraculeusement bien conservées, tâchées, raillées ou déchirées -, rarement en couleurs, mais fanées et rongées par des champignons, ces images d´archives ne perdent toutefois rien de leur force. Ce film voudrait quelles soient redécouvertes et puissent prouver leur besoin de survivre ».

Ouverture du documentaire (2010 – 70 mn) :

 

Pour finir, un texte de Santiago Alvarez :

Art et engagement

Par Santiago Alvarez

Un homme ou un enfant qui se meurt de faim ou de maladie de nos jours, cela ne peut être un spectacle qui nous fait attendre que demain ou après-demain, la faim et la maladie disparaissent par simple gravitation. Dans ce cas, l’inertie est complicité, le conformisme est de mèche avec le crime.

Il s’ensuit que l’angoisse, le désespoir, l’anxiété, soient des ressorts inhérents à toute motivation de tout cinéaste du Tiers Monde. Les craintes que le caractère immédiat, l’urgence, la dynamique d’un processus comme le nôtre et du monde en général lestent, blessent les possibilités de création de l’artiste, craintes encore assez vastes, ils ne cessent pas d’être dans une certaine manière, de préjugés contre la possibilité de créer des oeuvres d’art qui peuvent être considérées comme des armes de combat.

Dans une réalité si agitée comme la nôtre, celle du Tiers Monde, l’artiste doit se faire violence, doit être porté avec lucidité vers une tension créative dans sa profession. Sans préconcepts, ni préjugés qui produisent une oeuvre artistique de moindre valeur ou inférieure, le cinéaste doit aborder la réalité avec hâte, avec anxiété. Sans se proposer de “rabaisser” l’art ni de faire de la pédagogie, l’artiste doit communiquer et contribuer au développement culturel de son peuple ; et sans cesser d’assimiler les techniques modernes d’expression des pays hautement développés, il ne doit pas se laisser porter par les structures mentales des créateurs des sociétés de consommation.

Il serait absurde de nous isoler des techniques d’expression étrangères au Tiers Monde, de ses apports précieux et indiscutables au langage cinématographique, mais confondre l’assimilation de techniques expressives avec des modes mentales et tomber dans une imitation superficielle de ces techniques, n’est pas souhaitable (et pas qu’au cinéma). Il faut partir des structures qui conditionnent le sous-développement et les particularités de chaque pays. Un artiste ne peut, ni doit oublier cela, lorsqu’il s’exprime.

La liberté est nécessaire à toute activité intellectuelle, mais l’exercice de la liberté est en relation directe avec le développement d’une société. Le sous-développement, sous-produit impérialiste, noie la liberté de l’être humain. Le préjugé, à son tour, est sous-produit du sous-développement ; le préjugé prolifère dans l’ignorance. Le préjugé est immoral, parce que les préjugés attaquent injustement l’être humain. Pour les mêmes raisons, la passivité, le conformisme et la bulle intellectuelle sont immorales.

Arme et combat sont des mots qui font peur, mais, le problème est plus dans se fondre dans la réalité, au rythme de ses pulsions… et d’agir (comme cinéaste). Ainsi on a moins peur des mots chargés de contenus péjoratifs, avec lesquelles le créateur s’est souvent aliéné. Il faut récupérer des concepts de positions face à la réalité et l’art dégénérée des déformations bureaucratiques. La crainte de tomber dans ce qui est apologétique, lorsqu’on voit l’engagement du créateur, de son oeuvre, comme une arme de combat en opposition à l’esprit critique consubstantiel avec la nature de l’artiste, est seulement une crainte irréelle et parfois pernicieuse. La critique à l’intérieur de la Révolution et la critique à l’ennemi, sont toutes les deux des armes de combat pour nous, puisqu’en définitive elles ne sont que des variétés d’armes de combat. Cesser de combattre le bureaucratisme dans le processus révolutionnaire est tout aussi négatif que cesser de combattre l’ennemi par des phobies philosophiques paralysantes.

Je ne crois pas dans le cinéma préconçu. Je ne crois pas dans le cinéma pour la postérité. La nature sociale du cinéma exige une plus grande responsabilité du cinéaste. Cette urgence du Tiers Monde, cette impatience créative chez l’artiste produira l’art de cette époque, l’art de la vie de deux tiers de la population mondiale. Dans le Tiers Monde, il n’y a pas de grandes zones pour les élites intellectuelles, ni des niveaux intermédiaires qui facilitent la communication du créateur avec le peuple. Il faut tenir compte de la réalité avec laquelle on travaille. La responsabilité de l’intellectuel du Tiers Monde est différente à celle de l’intellectuel du monde développé. Si on ne comprend pas cette réalité, on est en dehors, on est un intellectuel en partie. Pour nous, cependant, Chaplin est un objectif, parce que son oeuvre est plein de talent et d’audace a touché de l’analphabète au plus cultivé, du prolétaire comme au paysan.

(Traduction : Ronnie Ramirez)