Films transgressifs – Richard Kern

Voir ICI SUR LE BLOG pour la présentation du cinéma de la transgression et le manifeste de 1984. 

Richard Kern est une figure importante du cinéma de la transgression du New York underground des années 80 aux côtés Nick Zedd, qu’il rencontre en 1983.

Il associe souvent à ses films Lydia Lunch (actrice, musique, scénario…). Article synthétique ici sur Hors-circuits quant à Lydia Lunch (et notamment ses contributions aux films de Richard Kern)

Une rétrospective de ses films a été organisée à la Cinémathèque française début 2012.

 

Quelques films, avec résumés de Psychovision.net :

The right side of my brain – 1984 – Avec Lydia Lunch. Extrait :

Kern et Lunch explorent les relations de pouvoir qui s’établissent dans les relations sexuelles en illustrant le concept de ‘victime consentante’ (Willing Victim) cher à Lunch. Une jeune femme est maltraitée par des partenaires plus psychopathes les uns que les autres mais parvient à garder un certain contrôle sur eux… avant de devenir à son tour tortionnaire !  FILM EN ENTIER ICI (25 mn)

 

 Manhattan Love Suicides – 1985 – 35 mn – Il regroupe 4 courts-métrages :

1) Stray dogs – Un jeune homme se coupe un bras pour enfin réussir à attirer l’attention d’un peintre.

 

2) Woman at the wheel – Une jeune femme est confrontée à ses deux petits amis machos qui refusent de la laisser conduire (PAS D’EXTRAIT)

 3) Thrust in me (co-réalisé avec Nick Zedd) – Un jeune homme se livre à la nécrophilie sur le cadavre de sa petite amie qui vient de se suicider ! A noter que c’est Nick Zedd qui joue à la fois le rôle de l’homme et de la femme.

 

4) I hate you now – Une jeune femme se brûle le visage avec un fer à repasser afin de ressembler à son petit ami défiguré…

Submit to me – 1985 – 10 mn. Avec Lydia Lunch

Kern délaisse la narration mais développe son propre style et ses thèmes favoris dans ce montage de scènes de sexe, meurtres et suicides plus élaboré que les précédents.

You killed me first – 1985 – 11 mn

Souvent comparé aux films de John Waters. Lung Leg y joue une adolescente rebelle frustrée et humiliée par une famille modèle (en apparence) qu’elle finira par trucider.

Death Valley ’69 – 1986 – 5 mn 

Premier clip vidéo tourné pour Sonic Youth. Kern renouvellera l’expérience en 1991 avec Scooter and Jinx (Moneylove).
Inspiré par l’affaire Charles Manson, les Sonic Youth y tiennent le rôle de la »Famille »et de leurs victimes. On y voit aussi des plans ‘live’, des extraits de »Submit to Me »et des images de bombardements.
Sonic Youth a également utilisé des photos de Kern pour les pochettes de « Evol » (1986) et « Sister » (1987).

A la fin du tournage de Submit to me now (1986),  Kern décide de ne plus réaliser et de se consacrer à la musique. Il rejoint le groupe »The Black Snakes » puis quitte New York et s’installe à San Francisco où il rencontre le fameux G.G Allin, avec qui il monte un groupe, »The Drug Whores »dont tous les membres sont toxicomanes ou dealers… Il côtoie alors les pires ‘freaks’ et mène une existence des plus dangereuses…

Il réalise de nouveau à partir de 1990 :

X is Y – 1990 – 4 mn. EXTRAIT :

Dans la plus pure tradition américaine des »Girls with Guns », Kern nous présente une série de jolies filles, dont Cristina Martinez de Boss Hog (voir la jaquette de Hardcore Extended ») jouant avec des armes à feu.

Horoscope – 1991 – 4 mn

Une jeune passionnée d’astrologie regarde la télé et se met à rêver qu’un génie très sexy vient lui rendre visite.

Depuis 1993, Kern ne se consacre plus qu’aux clips vidéo et à la photo ‘de charme’. Il publie régulièrement dans des magazines de mode comme « Nylon, i-D, Spoon », Purple ou pornos comme « Barely Legal, Tight, Live Young Girls, Finally Legal, Candy Girls… » Il s’occupe aussi d’un site ‘pour adultes’.

 

Pour finir cette note, interview avec Richard Kern et Lydia Lunch :

Documentaires – Nicolas Guillén Landrian (Cuba)

« J’ai voulu faire un cinéma très subjectif, très personnel et très expérimental » Nicolás Guillén Landrián

Le cinéaste cubain Santiago Alvarez est une référence incontournable du documentaire cubain (voir ICI SUR LE BLOG). D’autres cinéastes, contemporains de ce dernier, sont importants et… méconnus, dont les films sont difficilement trouvables et encore moins projetés. La censure et l’ICAIC (l’institut du cinéma cubain) ont fait du « ménage » et ont relégué aussi ces cinéastes dans l’oubli. A noter que par exemple Landrian sera accusé de comploter pour assassiner Fidel Castro en 1968 et sera ainsi interrogé six mois. Plus tard, dans les années 70, il sera plusieurs fois soumis à des électrochocs sans calmants. Il fuit Cuba en 1989 et s’installe en Floride, où il décède. Le poète Nicolas Guillen était son oncle.

Le cinéaste cubain Jorge Luis Sanchez a publié récemment un ouvrage portant sur le cinéma documentaire cubain, aux éditions ICAIC : Romper la tension del arco : Movimiento cubano de cine documental (2011). Une présentation figure sur le blog du monde. Il évoque notamment deux autres cinéastes du documentaire cubain, les hissant au rang de cinéastes les plus importants : Nicolas Guillén Landrian aux cotés de Santiago Alvarez et, en moindre, Sara Gomez. 

L’occasion donc, ici, de voir quelques documentaires de N.G. Landrian… Une rétrospective lui a d’ailleurs été consacrée lors du cycle de projections organisé en région parisienne courant 2012 : « Eclats et soubresauts d’Amerique Latine »


Un festival – 1963 – 10 mn

Premier film de Guillén Landrian pour les Noticieros ICAIC.  La célébration ici se résume à La Havane des premiers Jeux Universitaires Latino-américains. Sur une musique jazz incessante, sa structure rapporte l’arrivée des délégations, la réception, l’atmosphère de camaraderie dans les hôtels, l’entraînement et la compétition, les mots inauguraux de Raúl Castro, la présence de Fidel dans le public. Quelques traits originaux déjà : absence de narration et d’interviews, et un ton négligent, joueur.

 

Es un barrio viejo – 1963 – 9 mn

Images d’un quartier de la vieille Havane. Mention spéciale au Festival du cinéma de Cracovie 1964.

 

Los del baile – 1965 – 6mn

Danse cubaine.

 

Ociel del toa – 1965 – 16 mn

Vision poétique de la vie le long de la rivière Toa, dans la région de l’Oriente de Cuba.

 

Retornar a baracoa – 1966 – 16 mn

Des transformations dans Baracoa à partir du triomphe de la Révolution. Premier usage de la photo fixe dans son cinéma, procédé dont il fait profusion par la suite, avec la photo-animation et les intertitres. 

 

Reportaje – 1966 – 10 mn

Enterrement symbolique de l’ignorance dans une communauté paysanne de la région de l’Oriente. 

 

Coffea Arabiga – 1968 – 18 mn

Le film est concentré sur l’histoire et le traitement de café, et tient des aspects propagandistes et didactiques. Mais il incorpore la poésie, la musique, l’ironie et des défis rusés aux censeurs, le tout dans un montage dynamique. Un court-métrage « engagé » qui met en lumière l’obsession de Fidel Castro de semer tout autour de La Havane des plants de café « Caturra ». Parce que son film comporte une image de Fidel sur fond musical de « The Fool on the Hill » des Beatles, le réalisateur a été condamné à deux ans de prison. Film censuré. Le seul édité en DVD en France (à ma connaissance), via le DVD Cuba censurée qui regroupe des courts métrages cubains interdits.  

 

Desde La Habana 1969 ! – 1969 – 18 mn

Histoire des luttes révolutionnaires du peuple cubain pour sa libération et son indépendance à partir de l’évocation de la culture du café. Montage frénétique, pour une oeuvre résolument expérimentale. 

 

Taller de linea y 18 – 1971 – 15 mn

Fabrique des omnibus. Pour la première fois, usage d’un narrateur efficient et clair, la voix qui énumère des détails techniques. L’intention est de gêner, d’inquiéter. Guillén Landrián a confessé : « Le documentaire qui provoque mon expulsion de l’industrie n’est pas Coffea Arábiga. C’est Taller de linea y 18« . 

 

Nosotros en el Cuyaguateje – 1972 – 9 mn

Guillén n’est pas tout seul à la réalisation. Reportage sur le fleuve Cuyaguateje, dans la province de Pinar del Río. Parcours le long de la du Cuyaguateje, où une voix off explique le nom de l’affluent, le puisard, la vie et le travail des habitants de la zone.

 

Et pour finir, un documentaire (format DV) qui évoque les conflits de l’artiste Nicolás Guillén Landrian avec son époque (réalisé l’année de sa mort) :

Manuel ZAYAS – Café con leche – 2003 – 30 mn