L’imitation du cinéma – Marcel Mariën (1960)

Belgique – EXTRAIT (10 mn)

Longtemps censuré, ce film a été édité en DVD cinquante après sa réalisation. Marcel Mariën est un surréaliste belge (puis situationniste), dont les films annoncent quelque part la génération belge « underground » des années 60-70. Il était également écrivain, photographe… 

« Un film ignoble et infâme vient d’être présenté au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles sous les auspices du « Ciné-Club de la Jeunesse » devant un nombreux public de jeunes gens et de jeunes filles. Le film en question est une parodie sacrilège du christianisme mêlée d’une obscénité qui dépasse toute imagination. On espère que le Parquet prendra les mesures nécessaires pour mettre hors de circulation pellicule indigne d’un pays civilisé. » La centrale catholique, 1960

 

Un clip-montage de photos de Marcel Mariën (sur une musique de ce cher Brian Eno) :

 

Une émission radio archivée sur le site de l’INA, de 1979, avec Marcel Mariën. Quelques très bons passages, notamment sur son auto-didactisme (et sa découverte des Mémoires du sous-sol de Dostoievski) ou encore son humour très cassant (sur le succès etc) et sa vision féroce de la vie… Pour écouter, C’EST ICI (en revanche l’intégralité de l’émission est payante, et c’est fort dommage, comme pour de nombreuses autres raretés du site de l’INA !)

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Le film est déjà commencé ? – Maurice Lemaître (1951)

France – EXTRAITS 

Dans la foulée de Traité de bave et d’éternité d’Isidore Isou, évoqué ICI sur le blog, voici donc le film de Maurice Lemaître qui s’inscrit dans la continuité, sorti quelques mois après. Il reprend deux aspects du film d’Isou, à savoir le cinéma « discépant » et « ciselant ». Le dispositif cinématographique classique est davantage bousculé ici, notamment par la venue d’acteurs dont la fonction est de perturber le passage du film (file d’attente, projection), tandis que l’écran est censé être aussi obstrué par des éléments. 

Voici la présentation officielle du film, tirée du site internet Maurice Lemaître :

« Cette séance de cinéma s’attache aux différents termes du spectacle filmique: son, image, écran, salle et les bouleverse séparément. Elle les réintègre ensuite dans un combiné théâtral complexe qui comprend :
1 – Une image au montage accéléré en diachronisme avec le son. Cette image elle-même ciselée, c’est-à-dire dessinée sur les vues des motifs abstraits, symboliques ou anecdotiques qui ajoutent au sens de celle-ci.
2 – Un son conçu comme un «en-soi» indépendant, qui comprend: (a) une réflexion esthétique et économique sur l’art du film ; (b) une description d’une séance de cinéma imaginaire, dont la forme s’inspire des découvertes romanesques de Joyce ; (c) une introduction à priori des critiques diverses que l’on pourrait faire au film, venant de divers horizons esthétiques ou politiques. Le tout est mixé sur une musique nouvelle: le Lettrisme.
3 – Une élévation de l’écran du poste de machiniste au rang de vedette, c’est-à-dire l’introduction d’un écran esthétique nouveau (non pas un écran mécanique perfectionné, comme l’écran donnant le relief à l’image) qui jouera le rôle primordial dans le nouveau combiné cinématographique.
4 – L’introduction dans la salle d’acteurs avec une mise en scène les mouvant dans le cadre de la représentation elle-même et en rapport avec le film.« 

 

Un article intéressant de Gérard Courant est consacré ICI à Maurice Lemaître, intitulé « la subversion lettriste : Maurice Lemaître » (1976), dont voici un extrait : « Mais ce n’est pas tout – subversion suprême – Maurice Lemaître pirate l’image de manière quasi continue. En récupérant de la pellicule déjà impressionnée par d’autres cinéastes, Lemaître fait sienne cette pellicule. Et, par un montage habile et inventif, il parodie maintes scènes anodines grâce à une bande sonore très personnelle composée de poèmes lettristes faits d’onomatopées et de commentaires off.Héritier des surréalistes, des dadaïstes et des cinéastes abstraits des années 1920, Maurice Lemaître a su allier esthétique et politique sans que l’un prenne le pas sur l’autre, ce qui n’est pas une mince performance et justifie pleinement la réévaluation de son oeuvre qui est en cours actuellement. »

Enfin une interview de Lemaître, ICI sur Brdf, réalisée en 2001.

Les diamants de la nuit – Jan Nemec (1965)

EN ENTIER – VO (peu de dialogues) – 65 mn – En 6 parties

« Deuxième guerre mondiale. Deux jeunes hommes sautent d’un train de déportés. Par miracle, ils gagnent la forêt où ils tentent de survivre. Au cours de leur course éperdue, ils revivent encore et encore des scènes de leur vie d’avant, au milieu d’hallucinations causées par la faim, la fatigue et la peur de mourir. Ils sont bientôt pourchassés par un groupe de vieillards armés…

Adaptation d’une nouvelle d’Arnošt Lustig, le 1er long-métrage de Nemec, est une des œuvres qui pointent la naissance d’un nouveau cinéma tchèque, en liberté . S’y affirment un talent et une sensibilité originale au travers d’une recherche plastique et scénaristique. Le film a marqué les esprits, avec un parti pris de mise en scène courageux, à la limite de l’abstraction, influencé par le surréalisme et Resnais, et s’attaquant à la monstruosité du nazisme. » Malavida Films

Malavida films a édité (et continue !) plusieurs grands films tchèques : trouvables en médiathèques, ils sont en général aussi acceptés sur simple sollicitation au catalogue d’achats de médiathèques. Des films de Nemec, mais aussi d’autres cinéastes (Chytilova, Jires, Menzel… avec un livret assez conséquent dans chaque DVD)