Le génie Magdalénien – Philippe Plailly, Pierre François Gaudry (2009)

EN ENTIER – Le génie Magdalénien – Philippe Plailly, Pierre François Gaudry – 2009 – 52 mn

« La naissance de l’art dans la préhistoire est une question complexe ; pour certains elle est le fruit d’une révolution mentale qui aurait débuté il y a 40 000 ans ; pour d’autres elle résulte d’une longue évolution engagée avec l’apparition des premiers hommes il y a deux millions d’années. Progressivement, nos ancêtres consacrent une part croissante de leur temps aux activités artistiques; ils décorent leurs objets et les sites ou ils s’établissent. Avec les Magdaléniens, ces ancêtres installés dans une grande partie de l’Europe entre 18.000 et 10.000 ans avant JC, l’art se développe à un niveau exceptionnel. »

 

Ce documentaire permet une approche de l’art Magdalénien en se focalisant principalement sur deux sites archéologiques en France, dans le Périgord : les grottes du Roc aux sorciers à Angle sur l’Anglin et de la Marche à Lussac. Cependant il ne se cantonne pas à ces grottes et effectue des correspondances avec d’autres sites, ainsi en France (abri sous roche de la Chair à Calvin en Charente, Pincevent), en Egypte (Qurta) et en Angleterre (Creswell).

Instructif et captivant, le film a obtenu les Prix du Public au Festival Objectif Préhistoire de Pech Merle 2012 et au Festival international du Film archéologique de Bruxelles 2009.

Une large place est donnée aux réalisations artistiques mais il est également question, certes trop brièvement (nous sommes dans le format télévisuel de l’incontournable 52 mn… ) de l’articulation de l’art Magdalénien à ses auteurs, à son environnement naturel, à son habitat, à une large échelle d’occupation des territoires … En fait plusieurs portes s’ouvrent à travers l’art préhistorique, et il est par ailleurs très appréciable que le documentaire ait fait le choix de porter sur des sites relativement peu connus en la matière, évitant de se « contenter » de la très célèbre grotte de Lascaux. D’où aussi cette importance, tissée par la structure même du documentaire qui se déplace sur plusieurs lieux, des correspondances entre les sites, sans que le propos en soit ici de tirer des conclusions hâtives sur un ensemble de populations dont on ne « connait » (tout est relatif) qu’un petit morceau, fatalement. A cet égard la citation d’André Leroi-Gourhan en fin de film est symptomatique.

Le génie Magdalénien ne tombe pas dans le piège d’un relais spectaculaire, en sur-interprétant par exemple les découvertes, malgré les quelques concessions inévitables (musique etc). Globalement le propos est bien pesé, équilibré, et c’est une présentation de l’art Magdalénien qui vaut le détour, ne serait-ce que par les questions qu’elle ouvre sur ses auteurs. De quoi approfondir, par ailleurs.

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