« Ils n’existent pas » (laysa lahum wujud) – Mustafa Abu Ali (1974)

PALESTINE – EN ENTIER – VO sous titrée anglais – 25 mn

Article sur le cinéma palestinien sur Info-Palestine : « Dans le film « They do not exist » de Mustafa Abu Ali (titre tiré de la fameuse citation de Golda Meir dans laquelle elle a nié qu’il existait une telle chose appelé peuple palestinien), les femmes dans le camp de réfugiés Nabatia au sud Liban vaquent à leurs occupations journalières, balayant le sol, pétrissant la pâte, s’occupant de la lessive. La seule narration est celle d’une fille lisant une lettre écrite à un fédayin (combattant de la liberté) que nous pouvons entendre à nouveau quelques scènes plus tard quand le fédayin la lit aussi.

La chronologie est souple et indéterminée – après ces scènes arrivent des séquences de propagande des avions de combat israéliens puis un raid sur Nabatia (soutenu, ironiquement, par de la musique classique), et finalement une séquence des habitants hébétés observant silencieusement la destruction du camp. Les témoins et les victimes du raid sont interviewés. Les noms de chaque personne n’ont pas particulièrement d’importance car comme l’explique une des femmes qui a perdu son fils ainé : « Ce n’est pas juste à nous que cela arrive mais à tout le peuple palestinien ». L’universalité de l’expérience est accentuée : le trauma collectif des Palestiniens et, ainsi que le film suggère dans le contexte, les luttes impérialistes au Vietnam et au Mozambique ainsi que le génocide perpétré contre les indiens américains et celui de l’Allemagne nazie.

Le film réfute avec véhémence la déclaration de Meir disant que le peuple palestinien n’existe pas ainsi que la vantardise de Dayan disant qu’un lieu s’appelant Palestine n’existe plus. Et malgré le fait que ce n’est pas clairement explicité dans le film comme avec Meir et Dayan, les séquences sur le camp rendent nulle le mythe fondateur sioniste d’une « terre sans peuple pour un peuple sans terre ».

Le film répond à ces tentatives visant à oblitérer le nationalisme palestinien par une séquence d’une conférence de presse durant laquelle des révolutionnaires déclarent « qu’Israël déploie une politique d’extermination vis-à-vis de notre peuple qui résiste ». « Ce qu’Israël n’a pas pu faire en 1948 (gommer toute la nation palestinienne) n’a pas plus réussi en 1970 et pour le spectateur contemporain, il est évident que si les Palestiniens ont survécu à tout cela, il est peu probable que cette politique d’extermination ne réussisse un jour. »

Un article revenant sur l’histoire du cinéma palestinien et sa diffusion récente du film d’Abu Ali : sur International Solidarity Movement (ISM)

La contribution d’Abu Ali au cinéma palestinien est importante, ainsi que sa contribution au cinéma international. Il a travaillé avec Jean-Luc Godard sur le film Ici et ailleurs (1976) :

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