L’âge d’or de l’Islam – Mahmoud Hussein et Philippe Calderon (2001)

EN ENTIER (en deux parties) – Environ 180 mn

« Du IXe au XIIe siècle, le monde musulman connaît un rayonnement sans égal. Il s’étend de l’Espagne à l’Inde, avec des capitales de rêve : Bagdad, Cordoue, Grenade, Le Caire, Damas… De la philosophie à la médecine et à la botanique, des mathématiques à l’astronomie, son essor scientifique et culturel fascine, autant qu’il inquiète, l’Occident médiéval.

Ce documentaire nous invite à une passionnante traversée de la civilisation musulmane parvenue à son zénith et dont l’éclat allait permettre à l’Europe de frayer les voies de sa renaissance.

– « Les arabes entrent en scène »
– « Il était une fois Bagdad »
– « L’épopée Andalouse »
– « Le ciel à livre ouvert »
– « Les secrets du corps humain »
– « Les ulémas et les philosophes »
– « De l’arabe au latin »
– « Oublier l’arabe »  »

 

Karimène Toubbiya, Le Midi Libre (2007) :

Le DVD de la série documentaire «L’âge d’or de l’islam. Lorsque le monde parlait arabe» semble connaître beaucoup de succès auprès des jeunes Algériens si l’on en croit les vendeurs de films vidéo qui avouent des ventes record pour cette œuvre.
Cette passionnante série a été diffusée en 2001 par la Cinq, chaîne de télévision française, à contre courant de la vague de diabolisation de la religion musulmane suite notamment à l’attentat du 11 septembre contre le World Trade center de New York qui a fait des milliers de morts. L’engouement avoué pour cette œuvre est compréhensible lorsque l’on sait qu’elle contribue quelque peu à écarter le voile de la censure qui s’est abattue sur le rôle fondateur des savants et des philosophes du monde musulman quant à l’essor de la pensée et des sciences en Europe à partir de la chute de Grenade en 1492. L’extraordinaire héritage arabe, après avoir été avidement assimilé par le monde occidental, va être purement et simplement renié et dorénavant la «parenthèse arabe» de plusieurs siècles est évacuée de la mémoire. En finir avec l’arabe et renouer avec le grec, telle a été la conséquence de la reconquista qui s’est accompagnée d’une répression sans précédent des Morisques d’Espagne suivie de leur déportation. A partir de l’injonction «Iqra !» faite au Prophète Mohammad QSSSL par l’ange Gabriel en l’an 622, l’épopée amorcée par le petit peuple d’Arabie va être formidable. Ce sont toutes ces étapes que ce film, qui a nécessité deux années de travail, retrace avec une grande rigueur. D’une durée de 3 heures trente minutes, il est composé de huit épisodes. Le premier épisode s’intitule «Les Arabes entrent en scène.» Il présente ce petit peuple de chameliers qui se déplace au gré des exigences commerciales et qui va, armé de sa religion, conquérir un territoire immense tout en assimilant le développement scientifique, artistique et philosophique qui a existé antérieurement. Cette accumulation quantitative de tous les savoirs humains de l’époque va être le point de départ d’un développement formidable des arts et des sciences. «Il était une fois Bagdad», «L’épopée andalouse», «Le ciel à livre ouvert», «Les secrets du corps humains», «Les ulémas et les philosophes», «de l’arabe au Latin» et «Oublier l’arabe» sont les autres parties du travail considérable effectué par Calderon et Mahmoud Hussein. La caméra voyage de Bagdad à Cordoue, d’Ispahan à Samarkande. Des historiens et des scientifiques sont interviewés, des bibliothèques, hôpitaux et monuments historiques revisités. L’œuvre d’El-Khuwarazmi, El-Birouni, El-Zahraoui, Ibn Sinna, Ibn Rochd et de toutes les étoiles de la galaxie islamique, y est clairement exposée.
L’art cinématographique de Calderon et le récit de Mahmoud Hussein font découvrir au spectateur l’intensité du foisonnement intellectuel et l’art de vivre encore inégalé des Arabes du 10 ème siècle. Et elle offre de grands moments d’émotion lorsque durant la dernière partie est exposé le divorce entre d’une part la philosophie, l’esprit scientifique, la tolérance et la liberté de pensée qui vont irriguer les pays d’Europe, et la théologie et particulièrement le dogme plutôt que la voie mystique qui va se figer dans les pays musulmans. Assimilé puis renié en Europe, l’héritage des lumières est carrément interdit de séjour par les dynasties de Turcs seldjoukides qui se sont emparés du pouvoir en terre d’islam. C’est le début du déclin de la philosophie et des sciences sur leur terre d’origine. Elles éclairent dorénavant le reste du monde. La suite est connue. Il faut souhaiter que sur cette lancée, d’autres intellectuels et artistes du monde s’attellent à rétablir des vérités historiques dont l’occultation et la censure des uns et des autres, ne font qu’approfondir un malentendu et une ignorance qui font partie des constituants du terreau fertile de bien des tragédies.

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Une réflexion sur “L’âge d’or de l’Islam – Mahmoud Hussein et Philippe Calderon (2001)

  1. Le pédagogue:

    Ce travail important, qui sera continué, ine chaa-e Allaah, ce rapporte aux Musulmans, et non aux Arabes.

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